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qui avoit fait la Thébaïde , qui a été appel-le'e cyclique par les anciens , & celui dontparle Horace dans Y art poétique.
Nec fie incipies ut scriptor cyclicus olìm ,
t'ortnnam Priami cantabo & nobile hthum.
Ce pcëfe n'avoit pas seulement parlé dela guerre de Troye clés son commencement;mais il avoit épuise toute l’hiíloire de ceprince , fans oublier aucune de fes aventu-res , ni la moindre particularité de fa vie ;i! nous reste aujourd’hui un poème dans cegoût : c’est l’achilléide de Stace ; car cepoète y a chanté Achille tout entier. Homèreen avoit laisse à dire plus qu il n’en avoitdit ; mais Stace n’a voulu rien oublier. C’estcette derniere efpece de poème qu’Aristoteblâme , avec raison , à cause de la multipli-cation vicieuse de fables, qui ne peut êtreexcusée par l’unité du héros.
II résulte de ce détail, que les poètes cy-cliques font ceux qui, lans emprunter dela poésie cet art de déplacer les événemenspour les faire naître les uns des autres avecplus de merveilleux, en les rapportant tousà une feule & même action , íuivoient dansleurs poèmes l’ordrs naturel & méthodiquede l’histoire ou de la fable, & fe propo-saient , par exemple, de mettre en verstout ce qui s’étoit passé depuis un certaintemps jufqu’à un autre, ou la vie entiere dequelque prince, dont les aventures avoier.tquelque chose de grand & de singulier.{D. J.)
POEME DIDACTIQUE , (Poésie.) poèmeoù l’on fe propose par des tableaux d’aprèsnature , d’instruire, de tracer les lois de laraison, du bon sens, de guider les arts ,d’orner & d’embellir la vérité > fans lui fairerien perdre de fes droits. Ce genre est uneforte d’uíurpation que la poésie a fait fur laprose. _ .
Le fond naturel de celle-ci est l’instruc-tion. Comme elle est plus libre dans fes ex-pressions &: dans fes tours, & qu’elle n’apoint la contrainte de l’harmonie poétique,il lui est plus aisé de rendre nettement lesidées , & par conséquent de les faire passertelles qu’elles font dans l’esprit de ceuxqu’on instruit. Auffi les récits de l’histoire ,les sciences, les arts sont-ils traités en prose.
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La raison en est simple : quand il s’agit d’unservice important, on en prend le moyen- le plus sûr & le plus facile ; & ce moyenen fait d’instruction est fans contredit laprose.
Cependant, comme il s’est trouvé deshommes qui réunissoient en même tempsles connoiíîânces & ìe talent de faire desvers , ils ont entrepris de joindre dans leursouvrages ce qui étoit joint dans leur per-sonne , & de revetir de l’expressioH & del’harmonie de la poésie, des matières quietoient de pure doctrine. C’est de-!à quefont venus les ouvrages & les jours d Hé-siode , les sentences de Théognis, !a théra-peutique de Nicandre , la chafle & la pêched’Oppien ; & pour parler des Latins , lespoèmes de Lucrèce fur la nature , les géor-giques de Virgile , la pharsaie de Lucain && quelques autres.
Mais dans tous ces ouvrages , il n’y a depoétique que la forme. La matière étoitfaite ; il ne s’agissoit que de la revêtir. Cen’est point la fiction qui a fourni les choses,selon les règles de l’imitation , c’est la véritémême. Auííi limitation ne porte-t-elle fesréglés que fur Pexpression. C’est pourquoile poëme didactique en général peut fe défi-nir : la vérité mise en vers : & par opposi-tion , faune efpece de poésie : la fictionmile en vers. Voilà les deux extrémités : ledidactique pur > & le poétique pur.
Entre ces deux extrémités, il y a uneinfinité de milieux, dans lesquels la fiction& la vérité fe mêlent & s’entr’aident mu-tuellement ; & les ouvrages qui s’y trouventrenfermés font poétiques ou didactiques ,plus ou moins , à proportion qu’il y a pluscu moins de fiction ou de vérité. II n’y apresque point de fiction pure, même dansles poèmes proprement dits, & réciproque-ment il n’y a presque point de vérité fansquelque mélange de fiction dans les poëmesdidactiques. II y en a même quelquefois dansla prose. Les interlocuteurs des dialoguesde Platon , ceux des livres philosophiquesde Cicéron lbnt faits ; & leur caractère sou-tenu est poétique. Il en est de mêmê desdiscours dont Tite-live a embelli í'on his-toire. Us ne sont guere plus vrais que ceuxde Junon ou d’Énée dans le poème de Vir-gile. II n’y a entr’eux ds dinct er.ee qu’en ce