POE
de la rime en inventant les vers libres,vcrfi sciolti. De plus, il est le seul des pos-tes italiens dans lequel il n’y ait ni jeux demots, ni pointes, & celui de tous qui a lemoins introduit d’enchanteurs & de hérosenchantés dans ses ouvrages ; ce qui n’étoitPas un petit mérite.
Tandis que le Triíîïn en Italie suivoitd’un pas timide & íòible les traces des an-'tiens, le Camoëns en Portugal, ouvraitune carrière toute nouvelle , & s’acque-roit une réputation qui dure encore parmifes compatriotes , qui rappellent le VirgilePortugais.
, Le Camoëns ( Luigì ) naquit dans les der-meres années du régné célébré de Ferdi-nand & d’ísabelle, tandis que Jean 11,tegnoit en Portugal. Après la mort de■'eau, il vint à la cour de Lisbonne, la pre-unere année du régné d’Emmaxiuel, legrand héritier du trône & des grands def-leins du roi Jean. C’étoit alors les beaux!° Urs du Portugal, & le temps marqué poura gloire de cette nation.
• m manuel, déterminé à suivre le projetnnè r V °* t échoué tant de fois , de s’ouviír£ t nar U - te aux Indes orientales par l’Qcéan,flotte ^ Gn I 4 97 Vasco de Gama avec unëétoit re P c °^ ette fameu s e entreprise , quifirakl» 6 Qee tomme temeraire & ìmpra-erand ^^E<îu’elle étoit nouvelle : c’est ceLa vie C1U ' a eb^nté le Camoéns.
trop connue, eS de V ? Cm T ^ ^ k-oéte fontsaîr« i„ ' • T. tout te monde pour enfous /’ re / Clt J ^dleurs j’en ai déjà parlé
nZnfsïn.* ^ome. On Me q„’ildans un abandon général,
J 79» âge d’environ ço ans.
lui fat Ut J^ mort qu’on s’empressa deh me L S épíCaphes honorables , & de
Quel ques vinl c 3 "!-r dCS grands hommes,lui avoir donn^ I ° c h*P uterent . l’honneur deen tout le sort ^ éprouva
lui, il vécût sÏZS' 1!voya e M “™=
d f réputation *£
d exemples doivent apprendre ana Irorn^de geme que ce n est po,„t par k ,qu on fait la fortune, & q Ton vit heureuxLe sujet de la Lufiade traité par un génieaussi vif q Ue ] e Camoëns, ne pouvoît queproduire une nouvelle espece d’Epopée.
POE
Le fond de son poeme n’est ni une guerre ,ni une querelle de héros, ni le monde enarmes pour une femme ; c’est un nouveaupays découvert à I’aide de la navigation.
Le poète conduit la flotte portugaise àl’embouchure du Gange , décrit en paííàntles cotes occidentales, le midi & l’orientde 1 Afrique, & les différens peuples quivivent fur cette cote ; il entremêle avecart 1 histoire du Portugal. On y volt dansle troisième chant la mort de la célébréInès de Castro , épouse du roi Dom Pedre,dont l’aventure déguisée a été jouée dar.sce fíecle fur le théâtre de Paris. C’est leplus beau morceau du Camoëns ; il y apeu d’endroits dans Virgile plus atten-driíîàns & mieux éents.
Le grand défaut de ce poeme est le peude liaison qui régné dans toutes fe's par-ties. II ressemble aux voyages dont il estle sujet. Le poëte n’a d’autre art que debien conter le détail des aventures qui fesuccèdent ; mais cet art seul par le plaisirqu’iì donne , tient quelquefois lieu de tousles autres. II est vrai qu’il y a des fictionsde la plus grande beauté dans cet ouvrage ,& qui doivent réussir dans tous les temps &chez tous les peuples ; mais ces fortes defictions font rares , & la plupart font unmélange monstrueux du paganisme & duchristianisme : Bacchus & la Vierge-Maries’y trouvent ensemble.
Le principal but des Portugais, aprèsrétablissement de leur commerce, est íapropagation de la foi, & Vénus fe chargedu succès de Pentreprife. Un merveilleuxst absurde défigure tellement tout Pou-vrage aux yeux des lecteurs sensés, qu’slsemble que ce grand défaut eût dû fairetomber ce poème ; mais fa poésie du style& 1’imaginanon dans l’expreílîon Pont sou-tenu , de même que les beautés de Inexé-cution ont placé Paul Véronèse parmi l esgrands peintres.
Le Tajse né à Sorrento en 1 Ç 44 , com-mença la Gkrusalem liberata dans le tempsque la Lusiade du Camoëns commencoità paraître. II entendait assez le Portugaispour lire ce poème, & po ur en £ tre •loux. II disoit que le Camoëns étoit le feuïrival en Europe qu il craignît. Cette crainte,si elle etoit ímsere ; etoit très-m ah fondée ;
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