Band 
Tome vingt-sixième.
Seite
355
JPEG-Download
 

p 0 E

beaux génies qu’elle a produiss n’avoít en-core travaillé dans ce genre. On n'avoir vuque les plus foibîes oser porter ce grand 1fardeau , & ils y ont succombé. Enfin , deVoltaire , âgé de 30 ans > donna la Henriadeen 1723 fous le nom de poème de la ligue.

Le sujet de cet ouvrage épique est le siégéde Paris, commencé par Henri de Valois& Henri le Grand , & achevé par ce der-nier seul. Le lieu de la scene ne s’étend pasplus loin que de Paris à Ivry, où se donnacette fameuse bataille.qui décida du sort dela France & de la maison royale.

Le poème est fondé sur une histoire con-nus , dont sauteur a conservé la véritédans les principaux événemens. Les autresmoins respectables ont été ou retranchés,°u arrangés suivant la vraisemblance qu’e-x >£3 un poème.

, Celui-ci donc est composé d’événemensreels & de fictions. Les événemens réelslont tirés de l’Histaire ; les fictions for-int deux classes. Les unes font puiséesans ie système merveilleux, telles que laprot ^- on âc la conversion d’Henri VI, laa .,_ . j° n que lui donne saint Louis , sonobéras' 00 , le feu du ciel détruisant lesC o mm ! 0tls magiques qui étoíent alors siaííégori neS ’ ^ es aurres font parementdo fa es : de ce nombre font le voyage

-, >°

1 mar it un corps } une a me , un esprit unvisage.

la

Telle est l’ordonnance de la HeruiadA peine eut-elle vu le jour que Fenvie & 1jalousie, déchirèrent Fauteur par cent bro-chures calomnieuses. O a joua ia Henriadefur 1 q théâtre de la comédie italienne &fur celui de la foire; mais cette cabale & cetodieux acharnement ne purent rien contrela beauté du poème. Le public indignéce Fadmira que davantage. On en fit enpeu d années plus de vingt éditions danstoute FEurope , & Londres en particuliernubl a la Henriade par une souscriptionmagnifique. Elle fut traduite en vers an-glois pat M.Lockman : en vers irahms,pat MM. 'Maffey, Ortolan* & Nenw , en

POE fjf

vers allemands, par une aimable musémadame Gocsched ; & en vers hoilandois,par M. Faicema. Quoique îes actions chan-tées dans ce poème regardent particuliè-rement les François , cependant commeelles sont simples, intéressantes , & peintesavec le plus brillant coloris , i! étoic dif-ficile qu elles manquassent de plaire à tousles peuples policés.

L’auteur a choisi un héros véritable aulieu d’un héros fabuleux ; il a décrit desguerres réelles & non des batailles chimé-riques. II n’aosé employer que des fictionsqui fussent des images ienfibles de la véri-té ; ou bien il a pris le parti de les renfer-mer dans les bornes ds la vraisemblance &des facultés humaines. C’est pour cetteraison qu’il a placé le transport de son hérosau ciel & aux enfers dans un songe, où cessortes de visions peuvent paroître naturel-les & croyables.

Les èties invisibles fans Fentremise def-quels les maîtres de Fart n’oseroient entre-prendre un poème épique , comme Faméde saint Louis & quelques passions humai-nes personnifiées , lont ici mieux ménagéesque dans les autres épopées modernes &F ouvrage entier soutient son éclat, sansêtre chargé d’une infinité d’agens surnatu-rels.

L'auteur n’a fait entrer dans son poèmeque le merveilleux convenable à une reli-gion auíîì pure que la nôtre, & dans unsiécle où la raison est devenue auífi sévereque la religion même.

Tout ce qu il avance sut la constitutionde Funivers , les lois de la nature & de Jamorale , dévoilent un génie supérieur , auííìsage philosophe qu’exccIJenc physicien. Sonouvrage ne respire que Famourde Fhuma-nité : on y déteste également la rébellion &la persécution. ■ _ .

La sagesse dans la compoution , la di-gnité dans le dessin, le goàc , l'élégance ,fa correction & les plus belles images , yrègnent éminemment. Les idées les pluscommunes y sont ennoblies par le charmede la poésie , comme elles Font été carVirgile. Quel poeme enfin que la Henria-de , dit mo de nos colle gués ( au mot E _

* SE )\ ^l Eur eàt co - nu ^utes sesforces lorsqu il en forma l e plan ; s’il y e û c

Yy 2.