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Tome vingt-sixième.
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de traiter tous les sujets historiques & tra-giques à-peu-près avec les mémes person-

nages.

L’Opéra-comédie ou bouffon n’a pas étésujet, à la vérité , à toutes ces entraves ;mais il n’a été traité en revanche que pardes farceurs ou des poëtes médiocres, quiont tout sacrifié à la saillie du moment. Cespieces font ordinairement pleines de situa-tions comiques, parce que la nécessité deplacer l’air produit la nécessité de créer lasituation; mais pourvu qu’elle fur originale& plaisante , on pardonooit au poète l’ex-travagance du plan & de l’ensemble, & lesmoyens pitoyables dont il se servoit pouramener les situations.

Ce qu’il faut avouer à la gloire du poëte& du compositeur, c’est qu’ils ne se sontjamais trompés un instant fur leur vocationni fur la destination de leur art ; & fi J’O-péra italien est remp’i de défauts qui enaf-íbibliífent l'impression & l’effet, heureuse-ment il n’y en a aucun qu’on ne puisse re-trancher sans toucher au fond & à l’effencedu poème lyrique.

De quelques accejfoires du poeme lyrique.Nous avons dit ce qu’il faut penser des cou-plets , des duo , Lt de la maniers dont onpeut faire chanter deux ou plusieurs acteursensemble sans blesser le bon sens & la vrai-semblance ; il nous reste àparler ces chœurs,qui font très-fréquants dans les Opéra fran-çois, & très-rares dans les Opéra italiens.Celui-ci est ordinairement terminé par uncouplet que tous les acteurs réunis chantenten chœur , & qui ne tenant point au sujet,disparoîtra dès qu’il fera permis au poëtede dénouer sapiece comme le sujet l’exige-II n’y a pas moyen de coudre un coupletau chœur après l’Optra de Didon aban-donnée. Dans l'Opéra françois chaque actea son divertissement , & chaque divertis-sement consiste en danses & en chœurschar.tans ; & les partisans de ce spectacleont toujours compté les chœurs parmi sesprincipaux avantages.

Pour juger que! cas il en faut faire , onn’a qu’à se souvenir de ce qui a été dit plushaut au sujet du couplet, que le bon goûtn’a jamais permis de regarder comme unepartie de la musique théâtrale. S’il esteontre le bon sens qu’un acteur réponde à

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l’autre par une chanson , avec queîle vrai-semblance une assemblée enttere ou toutun peuple pourra-t-il manifester son senti-ment , en chantant ensemble & en chœurle même couplet, les mêmes paroles, lemême air ? 11 faudra donc supposer qu’ilsse sont concertés d’avance , & qu’ils fontconvenus entr’eux de l’air & des paroles,par lesquels ils expiimeroient leur senti-ment sur ce qui fait le sujet de la feene ,& ce qu’ils ne peuvoient savoir auparavant ?Que dans une cérémonie religieuse le peu-ple assemblé chante une hymne àshonneurde quelque divinité , je le conçois ; maisce couplet est un cantique sacré que toutle peuple fait de tout temps par cœur ; &dans ces occasions les chœurs peuvent êtreaugustes & beaux. Tout un peuple témoind’une feene intéressante , peut pousser uncri de joie , de douleur, d’admiration ,d’indignation , de frayeur , &c. Ce chœurqui ne fera qu’une exclamation de quelquesmots , & plus souvent qu’un cri inarticulé»pourra être du plus grand effet. Voilà à-peu-près l’emploi des chœurs dans la tra-gédie ancienne ; mais que ces chœurs fontdifférens de ces froids & bruyans coupletsque débitent les choristes de l Opéra françoisfans action , les bras croisés, & avec uneffort de poumons à étourdir l’oreille laplus aguerrie !

Le bon goût proscrira donc les chœursdu poème lyrique , jufqu’à ce que l’Opérase soit assez rapproché de la nature pourexécuter les grands tableaux &: les grandsmouvemens avec la vérité qu’ils exigent.A ce beau moment pour les arts, qu’onm’amene fhomme de génie qui fait le lan-gage des passions & la science de l’harmo-nie , 6: je serai son poète , & je lui don-nerai les paroles d’un chœur que personnene pourra entendre sans frissonner. Sup-posons un peuple opprimé , avili fous lsrégné d’un odieux tyran. Supposons que cetyran soit masiàcré , ou qu’il meure dansson lit ( car qu’importe après tout le sortd’un méchant ) , & que le peuple ivre dela joie la plus effrénée de s’tn voir délivre ,s’assemble pour lui proclamer un fuccestèuf'Pour que mon sujet devienne historique »j’appellerai le tyran Commode , & son fut'cesseur à l’empire , Fertinax ; & voici ^