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Tome vingt-sixième.
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fions artificielles, satisfont su besoin oùnous sommes d’être occupés. Or, lespoëtesexcitent en nous ces passions artificielles,en présentant à notre ame les imitationsdes objets capables de produire en nous despassions véritables ; mais comme l'impres-sion que l’imitati'on fait n’est pas auísi pro-fonde , que l’imprefsion que î’objet mêmeauroit faite ; comme l’impreísion faite parlimitation n’est pas sérieuse , d’autantqu'elle ne va pas jusqu’à la raison ; pourlaquelle il n’y a point d’illufion dans sessensations ; enfin , comme l’impreísion faitepar limitation , n’affecte vivement quelame sensitive, elle s’efface bientôt. Cetteimpression superficielle faite par une imi-tation artificielle , diíparoît sans avoir dessuites durables , comme en auroit une im-pression faite par l’objet même que le poètea imité.

Le plaisir qu’on sent à voir les imitationsque les poètes savent faire des objets quiauroient excité en nous des passions dontla réalité nous auroit été à charge , est unplaisir pur : il n’est pas suivi des inconvé-niens dont les émotions sérieuses qui au-roient été causées par l’objet même, se-rment accompagnées.

Voilà d’où procede le plaisir que fait laPoésie ; voilà encore pourquoi nous regar-dons avec contentement des peintures dontle mérite consiste à mettre fous nos yeuxdes aventures si funestes , qu’elles nousauroient fait horreur si nous les avions vuesvéritablement. Une mort telle que la mortde Pnedre ; une jeune princesse expiranteavec des convulsions affreuses , en s’accu-sant elle - même des crimes atroces , dontelles est punie par le poison, feroit un objetà fuir. Nous serions plusieurs jours avantque de pouvoir nous distraire des idees noi-res & funestes qu’un pareil spectacle nemanqueroit pas d’empreindre dans notreimagination. La tragédie de Racine , quinous présente limitation de cet événement,nous émeut & nous touche , fans laisseren nous ia semence d’une tristesse durable.Nous jouissons de notre émotion , fans êtrealarmés par la crainte qu’elle dure tropîong-temps. C’est fans nous attrister réel-lement que la piece de Racine fait coulerdes larmes de nos yeux ; & nous sentons

POE

bien que nos pleurs finiront avec la repré-sentation de la fiction ingénieuse qui lesfait couler. Il s’ensuit delà que le meilleurpoème est celui dont la lecture ou dont lareprésentation nous émeut & nous inté-resse davantage. Or c’est à proportion descharmes de la Poésie du style , qu’un poè-me nous intéresse & nous émeut. Voyefdonc Poésie du style. ( D. J . )Poésie dramatique , voyei Poeme

DRAMATIQUE.

Poésie épique , voye \ Poeme épi-que.

Poésie des Hébreux , ( Critique sa -crée . ) Les pfeaumes, les cantiques, le livrede Job , passent pour être en vers , cela sepeut ; mais nous ne le sentons pas. Aussimalgré tout ce que les modernes ont écritfur la poésie des Hébreux , la matière n’enest pas plus éclaircie, parce qu’on n’a jamaissu & qu’on ne saura jamais la prononcia-tion de la langue hébraïque ; par consé-quent il n’est pas possible de sentir ni l’har-monie des paroles de cette langue , ni laquantité des syllabes qui constituent ce quenous nommons des vers. ( D. J. )

Poésie lyrique , ( Poésie . ) Parlons-en encore d’après M. le Batteux. C’est uneespece de poésie toute, consacrée au senti-ment ; c’est sa matière , son objet essentiel.Qu’elle s’éleve comme un trait de flammeen frémissant ; qu’elle s’insinue peu à peu ,& nous échaufte fans bruit ; que ce soit unaigle , un papillon , une abeille , c’est tou-jours le sentiment qui la guide ou qui l’em*porte.

La poésie lyrique en général est destinee àêtre mise en chant ; c’est pour cela qu’onl’appelle/y/7Ï;z/e, & parce qu’autrefois quandon la chantoit, la lyre accompagnoit lavoix. Le mot ode a la même origine | ilsignifie chant , chanson , hymne , cantique.

II fuit de-là que la poésie lyrique & lamusique doivent avoir entr’elles un rapportintime , fondé dans les choses mêmes ,puisqu’elles ont l’une & l'autre les mêmesobjets à exprimer ; & si cela est, ia musi-que étant une expression des sentimens ducœur par les sons inarticulés , la poésiemusicale ou lyrique fera l’expression dessentimens par les sons articulés, ou, cequi est la même chose , par les mots.