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Tome vingt-sixième.
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dithyrambes & par les chants de victoire ; |il savoir encore pleurer le jeune époux en- jlevé à sa jeune épouse, peindre Pinr.ocence jde sage d’or, & sauver de Poubli les noms ;qui avoient mérité d'etre immortels. Malheu-reusement il ne nous reste de ce poète ad-mirable que la moindre partie de ses ou-vrages, ceux q u’il a faits à la gloire des vain-queurs. Les autres dont la matière étoit plusriche & plus intéressante pour les hommesen général ne font point parvenus jusqu’ànous.

Ses poésies nous paroistènt difficiles pourplusieurs raisons ; la premiere est la gran-deur méme des idées qu’elles renferment,la seconde la hardiesse des tours, la troi-sième la nouveauté des mots qu’il fabriquesouvent pour Pendroit méme où il les place,enfin il est rempli d’une érudition détour-née , tirée de Phistoire particulière de cer-taines familles & de certaines villes qui onteu plus de part dans les révolutions connuesde Phistoire ancienne.

Pindare naquit à Thebes en Bœotie la65 olympiade, 500 ans avant Jeíus-Christ.Quand Alexandre ruina cette ville, il vou-lut que la maison où ce poète avoit demeuréf ût conservée.

Avant Pindare la Grece avoit eu plu-sieurs lyriques , dont les noms font encorefameux, quoique les ouvrages de la plupartne subsistent plus. Alcman fut célébré à La-cédémone , Stéfichore en Sicile ; Sapho fithonneur à son sexe , & donna son nom auvers faphique qu’elle inventa. Elle étoit denie de Lesbos, aussi-bien qu ’Alcée quifleurit dans le même temps, & qui sot Pin-venteur du vers alcaïque, celui de tous leslyriques qui a le plus de majesté. ,

Anacréon , de Tros, ville d’Ionie, s’étoitrendu célébré plusieurs siécles auparavant.II fut contemporain de Cyrus, & mourutla vj olympiade , âgé de 83 ans. II nousreste encore un asiez grand nombre de sespieces , qui ne respirent toutes que le plai-sir & Pamusement. Elles sont courtes. Gen’est le plus souvent qu’un sentiment gra-cieux , une idée douce, un compliment dé-licat tourné en allégorie: ce sont des grâcessimples, naïves, demi-vêtues. Sa Colombeest un chef-d’œuvre de délicatesse. M. leEevïs dsspit qu’il ne sembîoit pas que ce

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fut Ponvrage d’un homme , mais celui dí-sMuscs rnêraes & des Grâces.

Quelquefois ses chansons ne présententqu’une feene gracieuse, que l’image d’ungazon qui invite â se reposer :

" Mon cher Batylle , asseyez - vous à» Pombre de ces beaux arbres. Les zéphyrs» agitent mollement leurs feuilles. Voyez» cette claire fontaine qui coule, & qui„ semble nous inviter. Hé qui pourroit, en,, voyant un si beau lieu , ne point s’y re-„ poser » ?

Quelquefois c’est un petit récit allégorique :

" Un jour les Muses firent l’Amour pri-» fermier. Elles le iierent auísi-tôt avec des» guirlandes de fleurs, & le mirent fous,, la garde de la Beauté. La déesse de Gy-» thère vint pour racheter son fils ; mais» les chaînes qu’il porte ne font plus des„ chaînes pour lui ; il veut rester dans facaptivité ».

Rien n’est plus ingénieux & en même-temps plus délicat que cette fiction. L’A-mour apparemment avoit dressé des embû-ches aux Muses ; l’enncmi est pris > lié &mis en prison. C’est la Beauté qui est chargéed’en répondre. On veut lui rendre la liberté,il n’en veut plus , il aime mieux être pri-sonnier. On sent combien il y a de chosesvraies, douces & fines dans cette image.Rien n’est si galant.

Horace le premier & le seul des latins quiait réussi parfaitement dans l’ode , s’étoilrempli de la lecture de tous ces lyriquesgrecs. II a, selon les sujets, la gravité &

; la noblesse d’Alcée & de Stésichore , l’élé-vation & la fougue de Pindare , le feu& la vivacité de Sapho , la mollesse &la douceur d*Anacréon. Néanmoins onsent quelquefois qu’il y a de Part chez lui ,& qu’il songe à égaler ses modèles. Ana-créon est plus doux , Pindare plus hardi »Sapho dans les deux morceaux qui nousrestent, montre plus de feu ; & probable-ment Alcée , avec fa lyre d’or, étoit plu*grand encore & plus majestueux. II semblemême qu’en tout genre de littérature & 4 egoût , !es Grecs aient une forte de droitd’aînesse. Ils sent chez eux quand ils s° r,£fur le parnasse. Virgile n’est pas si riche ,si abondant, si aisé qu’Homerc. Térence,

( selon toutes les apparences , ne vaut g 3 *-