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tout ce que valoit Ménandre. En un mot,t il m’cst permis ds m’exprirner ainsi, l esGrecs paroissent nés riches , 6c les autresa u contraire ressemblent un peu à des gensde fortune.
On peut appliquer au lyrique d’Horace ,cc qu’il a dit lui-même du destin : " Qu 11» ressemble à un fleuve, qui tantôt painble,5 au milieu de ses rives , marche fans bruit)5 vers la msr , & tantôt quand les torreas» ont grossi son cours , emporte avec luiœ îês rochers qu’il a minés , les arbres qu u" déracine , l e s troupeaux & les maisons" des laboureurs , en taisant retentir au" ^n les forêts & les montagnes. »
Quoi de plus doux que son ode sur larslorc de Qaintilius ! Jules Scaiiger admi-r oit tellement cette piece , qu il dìsoit qu ilSirnermc mieux savoir faite que d’être roiQ Arragon. £ e sentiment qui y domine esta nutié compatissante. Virgile avoir perduexcellent ami : pour le consoler, Ho-race commence par pleurer avec lui; &fe 'í lte d lui insinue qu’il faut mettre fin a^tesT'c' ^ y a des réflexions très-déli-cunlb’-h re Air ce tour adroit du poëtela doui e y Ur ‘ Ge ton de fa piece est celui depleurer r s n rr,? és d’une douleur qui faitfoibltiss C j e V a ‘díre , qu’elle est mêlée dey est tnstfí an '“ ueur ’ d’abattement; touts’êtrearnno' n ^’gé- Les idées femDlentdans le eccur^ a mesure qn’elles ont passe■Malherbe estMontré l’od
• premier en Erance qui ait-•-dans fa perfection. Avant,luinos iyrij_.es faiioient paroître assez de geme& de leu. La tête remplie des plus bellesexpressions des poètes anciens > ils faisaienttjn galimatias pompeux de latinismes &cfhellénifmes cruds & durs , qu ils meloientde pointes , de jeux de mots , de rodo-montades. Aussi vains & aussi romanesquesfur leurs pégafes , que nos preux chevaliersletoient dans leurs joutes Sc dans leurstournois , " ils décochoient leurs tempêtes}> poétiques dessus' la longue infinité ; &jî vainqueurs des siécles , monstres à centj> têtes , ils gravaient les conquêtes fur k„ front de l’éternité. »
Ma'herbe réduisit ces muses effrénée:aux réglés du devoir, il voulut qu on parléavec netteté, )ustesse , decence, que levers tombassent: avec g^ce. U fìrt en quel
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que forte le pere du bon goût dans notrepoésie : & ses Ioix prises dans le bon sens& dans la nature , servent encore déréglés,comme l’a dit Desprc'aux , même aux au-teurs d’aujourd hui. Malherbe avoit beau-coup de feu ; mais de ce feu qui est chaud& qui dure. II travailioit ses vers avec unfoin infini , & ménageoit la chiite des stan-ces , de maniers que Lur éclat fut à demiquveioppe dans !e tissu même de la période.Ce n’est point un trait épigrammatìque ouiest tout en faillie ; c’est une pensée solidequi ne se montre a la fin de la stance qu’au-tant qu’il le faut pour l’appuyer , fc empê-cher qu’elle ne soit traînante.
Pour trouver Malherbe ce qu’i! est , ilfaut avoir la force de digérer quelques vieuxmots , & d’allcr à l’idée plutôt que de s’ar-rêter à l’exprestìon. Ce poète est grand ,noble , hardi , plein de choses ; tendre &gracieux quand la matière le demande.
. Racan > disciple de Malherbe , a faitauísi quelques odes. Les choses n’y fontpoint aussi serrées que dans celles de sonmaître. C’ctoit aíïez le défaut de ces piece?.La forme en écoit douce , coulante , aisée ;c’étoit la natute feule qui le guidoit ; maiscomme il n’avoit point étudié les sources ,ii n’y avoit pas toujours au fond assez dece poids qui donne la consistance.
II a traduit les pfeaumes ; & quoique íatraduction soit ordinairement médiocre, ily a des endroits d’une grande beauté : teîest celui-ci dans la paraphrase suivante d npseaume 92.
L’empire dùSeigneur est reconnu par-tout ,
Le monde est embelli de f un à tautre bout ,
De fa magnificence.
Sa force fa rendu le vainqueur des vair.~queurs ,
Mais c est par son amour , plus que par farpuissance +
Qu il régné dans les coeurs.
Sa gloire étale aux yeux ses visibles appas r
Le foin qu il prend pour nous faire connaître-ìci-bas
Sa prudence profonde ;
De la main dont il forme <S> l a f ou g reVéclair ,
r imperceptible appui soutient la terre Ll onde y
Dans le milieu des airs t-