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puisque les paillons qui la produisent onttoujours été & seront toujours dans lemonde. 11 semble que les conditions éle-vées devroient garantir de cette basseslè ;mais il se trouve des flatteurs dans tousles états , quand s esprit & su sage dumonde enseignent à déguiser ce défaut sousle masque de la politejse , en se rendantAgréable, il devient plus pernicieux ; maistoutes les fois qu’il se montre à dé-couvert, il inspire le -mépris & le dé-goût , souvent même aux personnes en fa-veur desquelles il est- employé : il est doncautre chose que la politejse , qui plaîttoujours & qui est toujours estimée. Eneffet, on juge d*e fa nature par le termedont on se sert pour sexprimer , on n’ydécouvre rien que d innocent & de loua-ble. Polir un ouvrage dans le langage desartisans, c’est en ôter ce qu’il y a derude & d’ingrat, y mettre le lustre &la douceur dont la matière qui le com-pose se trouve susceptible , en un motle finir & le perfectionner. Si son donneà cette expreíïion un sens spirituel , ontrouve de même que ce qu’elle renfermeest bon & louable. Un discours, un senspoli , des maniérés & des conversationspolies , cela ne fignifie-t-il pas que ceschoies sont exemptes de l’enflure , de larudesse , & des autres défauts contrairesail bon sens & à la société civile , &qu’elles font revêtues de la douceur , deïa modestie , & de la justice que sespritcherche, & dont la société a besoin pourêtre paisible & agréable ? Tous ces ef-fets renfermés dans de justes bornes, nesont-ils pas bons, & ne conduisent-ils pasà conclure que la cause qui les produit-ne peut aussi être que bonne ? Je ne saifl je la connois bien, mais il me semblequ’elle est dans famé une inclinationdouce & bienfaisante , qui rend sespritattentif, & lui fait découvrir avec déli-catesse tout ce qui a rapport avec cetteinclination , tant pour le sentir dans cequi est hors de foi, que pour le produiresoi-même suivant sa portée ; parce qu’ilme paroît que la politejse , aussi bien queîe goût, dépend de sesprit plutôt que deson étendue ; & que comme il y a desesprits médiocres, qui ont le goût très—
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fur dans tout ce qu’ils font capable*connoître, & d’autres trés-élevés qui 1
mauvais ou incertain , il se trouve
même des esprits de la premiere d adépourvus de politejse , & de coiuiuv ^qui en ont beaucoup. On ne finiroit P°!,fl on examinait en détail combien cefaut de politejse sc fait sentir , & C °\]ebien, s’il est permis de parler ainsi, e ^ Sembellit tout ce qu’elle touche.attention ne faut-il pas avoir pour P e,1 “trer les bonnes choses fous une enveseP*^groffiere & mal polie ? Combien de 8 ^d’un mérite solide, combien d’écrik* ^de discours bons & savans qui fontrejettés, & dont le mérite ne sc déco 11 ^qu’avec travail par un petit nombre^personnes , parce que cette aimable P ^tejse leur manque ? Et au contraire 4 11 gce que cette même politejse ne f aí . £ ^valoir ? Un geste , une parole, le
même , enfin les moindres choses g 11 " j Lpar elle , font toujours accompagnée*grâces & deviennent souvent confis ^blés. En effet, fans parler du rest°' ^quel usage n’est pas quelquefois ce m epoli, dans les conversations même* ^plus vives ? c’est lui qui arrête le*leries précisément au terme qu’el ie ' pne pourraient passer sans devers ^ S gquantes, & qui donne'aussi desaux discours qui montreraient pi 113prit que les gens avec qui on P ar 1^®veulent trouver dans les autres. Ce àsilence ne supprime-t-il pas aussipropos plusieurs réponses spirituelle* >qu’eiles peuvent devenir ridicules 011 Je*gereuíes, soit en prolongeant ^jd^*'complimens , soit en évitant quese 1 ’ ^ líputes ? Ce dernier usage de la p° 3releve infiniment, puísqu’il coflfsfì de'entretenir la paix , & que par-j, 3 evient, fl on soie dire , une dp bi e{lpréparation à la charité. Il est eílC ° n c cífl "glorieux à la politejse d’êtreployée dans les écrits & dans le*de morale , ceux mêmes de ' a u j d£chrétienne, comme un véh lcV ì e ij e iìtminue en quelque forte l a P e ,-re<ssi of l>s austérité des préceptes & d QS c ^ e uiêmles plus séveres. J’avoue q ae c ^ rnpolitejse étant profanée
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