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Tome vingt-sixième.
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portés, démontrent au contraire que lesPonts que nous construisons, ont toute lasolidité que l’on peut desirer, puifqu'ilsfont en état, non-íeuiement de résister aupoids d’une artillerie de siégé, mais encorede servir de communication pendant pin-ceurs années. Les deux observations cri-tiques de l’encyclopédiste tombent d’elles-inêmes. Il est encore très-mal informé ,ioríau’il avance que souvent les ponts s’ou-vtent, & qu’une troupe d’hommes difpa-l 'oît sous les eaux ; car dans les guerres de*7 5Z & de 1756 , il n’est arrivé aucun deces accidens. II est vrai que fur le Paillon,torrent du comté de Nice, l’on jeta unpont de tonneaux qui s’ouvrit, & quantitéde soldats furent submergés : mais une ob-servation qu’il est à propos de faire, c’estqu’il ne fut employé aucun officier d’arcil-lerie à la construction de ce pont. Conti-nuons l’examen des observations de Fau-teur. II ajoute :

3°. " Les soldats ont-i!s eu le bonheurd’échapper à ce danger ? autre embarras.Les grosses armes dont ils ont besoin , soitpour attaquer, soit pour se défendre, nepeuvent les suivre: avant qn'ils aient ducanon, il saut construire un pont en réglé ,c’est-à-dire, jeter des bateaux, fixer cesbateaux tellement quellement par des ca-bles , se transporter dans quelque forêt ,fe pourvoir des bois nécessaires ; & cepen-dant l’armée qui occupe I’autre bord de lariviere, demeure à la merci d’un ennemibien pourvu des armes dont elle manque :du moins c’est ainsi que je conçois que leschoses sont. Lorsqu’on nous annonce qu’on? construit fur une riviere la tête d’un pont,d s ’écoule plusieurs jours avant que nousapprenions que la grosse artillerie a passé ».

Nous demandons à Fauteur ce qu’il en-tend par pont en réglé. Sans doute qu’iltfignore pas que tous les ponts militaires ,de quelque nature qu’ils soient, sont cons-truits avec la derniere prudence: l’objetde ces sortes d’ouvrages est d’une très-Srande conséquence ; ils exigent donc tousfoins possibles. Il parole que Fauteurtì'a jamais vu construire de ponts, puií'qu’ilE persuadé qu’on demeure un temps con-sidérable pour les achever : les faits quesi°Us avons rapportés, prouvent iodubita-

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blement le contraire. Mais enfin il avouede bonne foi que c’est ainsi qu 'il conçoit queles choses sont ; c’est-à-dire, que ne con-noissant point la maniéré dont Fartiilerieconstruit ses ponts, il présume que ceslortes d’ouvrages doivent exiger un tempsconsidérable. Ce qui doit le plus étonnerdans cette derniere observation de Fauteur,c'est qu’il croit que 1 armée se trouve à lamerci d’un ennemi bien pourvu d’armes.L’auteur ignorait apparemment que lors-qu’une armée veut passer un fleuve ou uneriviere en présence de Fennemi, on com-mence toujours par faire passer un nombred’hommes suffisant, cjui vont se retran-cher à Fautre bord ; ils sent fermes , & fontprotégés par Fartiilerie qui n’est pas encorepassée , mais on la met en batterie. Jerenvoie Fauteur aux ouvrages qui traitentdes passages des rivières ; il verra que ,quoique Fartiilerie ne se trouve pas avecle relie de la troupe, cependant on exé-cute très-bien les passages ; celui du Pôpar Farinée Françoise , en est une preuvebien convaincante.

Enfin , Fauteur ajoute encore ces obser-vations critiques qui suivent :

4 . » Comme nous en sommes encoreréduits aux pontons, & qu’on ne fait aucunusage des ponts portatifs ou autres qu’ona proposés jufqu’à présent, ilseroit inutiled’entrer dans le détail de leurs défauts. Ona grand besoin de ponts à l’armée; on n’ena point: tous ceux qu’on a imaginés, fontdonc mauvais. Voilà qui suffit „.

Les faits que nous avons avancés, prou-vent le contraire. Il paroît donc que laconclusion de Fauteur ferai r plus juste, s’i!eût dit : on a grand besoin de ponts a l armée;mais ceux qu on ejl en état de faire & qu on aexécutés , ont réussi au gré des généraux ; doncil est inutile de recourir à de nouvelles machi-nes , qui couteroknt trop au roi. Voilà quisuffit. D’après ces observations, concluons,,ou que Fauteur ignore absolument cettepartie f de Fart militaire , ou que, pourmieux faire valoir ses idées en matière depont, il tend à dépriser celles des autres.

Venons maintenant aux détails particu-liers qui concernent P équipage de pont. Lepays où l’on porte la guerre , est ordinai-rement coupé par des fleuves, riyiçrçs.

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