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total résultant des calculs de M. Wallace.Car, si en effet fur i<; ou 16 enfans, qu'iln’est pas rare de voir sortir d’un mêmePere & d’une mere, il en périt la moitié,ou même les deux tiers dans l’enfance,le reste fera toujours plus considérable quecet auteur n’en laisse subsister de chaque,couple.
Si cette propagation est vraisemblable,fi le nombre des enfans qui naissent com-munément de chaque mariage , prouveque les produits assignés par M. WallaceNe font pas trop forts, de quel nombred’hommes la terre ne devroit-eíle pas êtrecouverte ? Elle ne pourroit plus contenirla multitude de ses liabitans. Car si l’oncalcúle fur le même principe la propaga-tion depuis le déluge, on trouvera quela quantité en seroit innombrable. Elle leseroit même encore , en réduisant à moi-tié les produits supposés dans l’ouvrageque nous avons cité. ,
Les trois fils de Noé , avec lui sauvésdu déluge , avoient chacun leur femme.Il y avoit donc trois couples alors pourmultiplier. La propagation a donc dû êtrebeaucoup plus rapide & plus abondanteque dans l’époque antécédente où elletfavoit commencé que par un seul cou-ple ; ainsi , comme nous l’avons déja dit,cn la réduisant à moitié de celle que M.Wallace suppose pendant cet intervalleprécédente , il seroit encore impossible deNombrer la quantité des hommes qui fub-fisteroient ; puisque indépendamment dela plus grande quantité de multiplians ,
*1 se trouve aussi un beaucoup plus grandEspace de temps depuis le déluge jusqu’àPrésent, que depuis la création jusqu’audéluge , qui est la période calculée , la-quelle n’en contient que 37 de 33 ans unNets chacune, au lieu que la seconde encomprend 1Z3 de la même étendue.
M. de Voltaire _ dit dans le premiervolume de Cessai sur Ckifioire générale,
« que de savans chronologistes ont fup-» puté qu’une feule famille après le dé-» luge , toujours occupée a peupler, &
» ses enfans s’étant occupés de même ,
» il se trouva en 2^0 ans beaucoup plus» d’habitans que n’en contient aujourd’huiw l’univers.
POP 8-7
Le genre humain est bien loin d’êtresn effet si nombreux. M. "Wallace établitlui-meme par un autre calcul, qu’en fixantl’étendue de la terre d’après les observa-tions de Thomas Templeman , dans fanouvelle revue du globe , & prenant leterme moyen de la population des diffé-rens états de l’Europe , supposant ensuitele reste de la terre habité dans la mêmeproportion , elle doit contenir mille mil-lions d’hommes.
D’où vient donc cette prodigieuse diffé-rence ? Les hommes n’ont-ils autant mul-tiplié que pendant un temps? Quand onn’en fixeroit par une évaluation communele produit de chaque couple qu’à deuxenfans, ils feroient infiniment plus nom-breux ; en le réduisant à un seul, le genrehumain n’existeroit plus. La cause d’uneffet si extraordinaire mériteroit bien d’ê-tre recherchée. Supposer avec M. "Wallaceque l’espece humaine est dépérie en elle—même , & diminuée en quantité : pré-tendre en trouver la raison dans les mauxphysiques & moraux qui l’affiegent, telsque la température des climats plus oumoins favorable, la stérilité de la terre dansd’autres, l’inclémence des faisons, les trem-blemens de terre, les inondations de lamer, les guerres, les pestes, les famines,les maladies ; ajoutons-y même les travauxpérilleux que les hommes entreprennent ;enfin la corruption des mœurs & des vicesde différons gouvernemens : c’est n’oppo-ser que des causes accidentelles & localesà une difficulté générale.
Tous ces accidens font bien en effet desmotifs de destruction pour les hommes;mais, i°. tout le genre humain n’en estpas affligé en même temps; on ne con-noît que deux exemples où le monde en-tier en ait été attaqué. Le premier, que laforme sphérique de la terre pourroit ren-dre problématique, seroit un déluge uni-versel ; le second , une peste dont parlel’histoire, & qui fut, dit-on, fi générale& si violente, qu’elle ébranla les racinesdes plantes, qu’elle se fit sentir dans toutle mond connu , même jusqu’à l’empiredu Catay , dit M. de Montesquieu : à l’ex-ception de ces deux fléaux , les autres onttoujours été particuliers, & n’ont porté