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qu’elle le fut plus que dans les temps mo-dernes , parmi les nations qui les ont rem-placées dans la posseflìon des arts , dessciences & du commerce. C’est tout l’a-vantage que peuvent tirer de leurs recher-ches les partisans de l’ancienne population ,•mais ceci n’eíl qu’une comparaison parti-culière de quelques nations à quelques na-tions , & non pas du tout au tout ; ainsil’on n’en peut tirer aucune induction con-vaincante en faveur de l’ancienne populationuniverselle sur la nouvelle.
On lait qu’u n grand nombre de savansont pense que l’espece humaine avoit souf-fert de grandes réductions. On voit quec’éroit déja l’opinion de Diodore de Sicile ,celle de Strabon , & de tous les historiensde l’antiquité , dont il í'eroit trop long deciter ici tous les passages , & qui d’ailleursn’ont fait que se répéter. Voflius met unedifférence encore plus forte entre la quan-tité des hommes dans les temps anciens &dans les siécles modernes. Le calcul qu’ilpublia fur ce sujet en x68^ est insoutenable.11 réduit le nombre des habitans de l’Eu-rope à 30 millions , dans lesquels il necomprend ceux de la France que pour ;millions ; on fait que juíqu’à la révocationde l’édit de Nantes, on a toujours compté20 millions d’habitans dans ce royaume :c’est à quoi les porte le dénombrementqui en fut fait à la fin du siecle dernier ,òt fauteur de la dîme royale attribuéeà M. le maréchal de Vauban.
Hubner dans fa géographie , ne porteles habitans de l’Europe qu’à 30 millionscomme Voflius.
M. de Montesquieu , dans l’efprir des,loix & dans la 1x2 e . lettre persane, ditqu’après un calcul aussi exact qu’il peutf être dans ces sortes de choses, il a trouvéqu’il y a à peine fur la terre la dixieme partiedes hommes qui y étoient autrefois ; quece qu’il y a d’étonnant , c’est qu’elle sedépeuple tous les jours , & que st celacontinue, dans dix siécles elle ne fera plusqu’un désert.
On auroit pu rassurer M. de Montes-quieu sur cette crainte , que Strabon &Diodore de Sicile ont pu avoir commelui & avant lui. Les portions du globe qu’il aparcourues se dépeupleront peut-être plus
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qu’elles ne le fònt encore aujourd’hui ímais il y a grande apparence que tant quela terre subsistera, il subsistera des hom-mes pour l’habiter. II est peut-être aussinécessaire à son existence qu’il y en ait,qu’il est nécessaire à i’univers qu’elle existe*Nous ne connoissons pas encore lamoitié de son étendue ; nous ne jugeons dureste du globe que par comparailon. Onle connoiílòit encore moins autrefois ; &cependant il semble qu’on se soit plu danstous les temps à peníer que les hommes yétoient plus rares que dans les siécles pré-cédens. Sur quoi donc font établies les con-jectures qui onr donné lieu à cette opi-nion ? Quelles seroient les causes d’un sigrand dépérissement ? si elles étoient mo-rales, elles ne seroient que particulières,& n’agiroient que fur une partie des hom-mes , ce qui ne suffit pas pour dépeuplerla terre. II faudroit donc que ces causésfuíïent physiques & universelles ; à l’ex-ception de deux dont nous avons fait men-tion , & dont les effets doivent être répa-rés depuis long-temps, en les Íuppoláníréels , il n’est arrivé aucuns changemensremarquables dans la nature ; ceux qui onteu lieu dans le ciel n’ont point produit dedérangemens sensibles. A peine s’apperçoit-on à Lisbonne du dernier tremblement deterre qui engloutit presque cette ville en"tiere , & cette terrible convulsion ne se si csentir que dans une fort petite étendue duglobe : d’ailleurs nous ne voyons point stmême diminution dans les autres êtres qu-celle supposée dans le nombre des hom-mes. Pourquoi, si elle étoit réelle , st-roient-ils les seuls qui f cuisent éprouvée ?Ii est vrai que deux maladies cruelles Adévastantes , les ont particulièrement atta-qués dans les temps modernes. Sans st sremedes qu’on y a trouvés , le genre h’J"main péristoit dans la source par l’une dsces maladies. On défendit par un arrêt »d’en lauver la douzième partie , que jj 1seconde détruit à chaque génération, j Li stqu’à ce que, la théologie eut décidé qu 1n’éîoit point contraire à la religion & dé-sagréable à Dieu, d’empêcher les homm eSde périr par la petite vérole. Le sort dej>choies utiles & bienfaisantes est d’éprouye^tous les obstacles qui devroient être resti""