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Tome vingt-sixième.
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les allaitera? Est-ceun pere afFoibli par lebesoin qui soutiendra & qui alimentera leurjeunesie? ii n’en auroit ni la force ni lapossibilité. La misere publique refuse touttravail à ses bras paternels; & quels êtresencore nastroient dans cet état de dé-trefle? Des enfans foihles &c débiles qui nes’elevent peint; le tempérament de ceuxqui échappent à leur mauvaise constitution& aux maladies populaires, acheve de seperdre par la mauvaise nourriture qu’ilsreçoivent. Ces créatures éteintes , pourainíi dire, avant que d’avoir existé, fontbien peu propres ensuite à la propagation.Ainíì donc là où les peuples font miséra-bles, l’espece dégénéré & se détruit; làoù est l'abondance générale, elle augmenteen force & en nombre. La nature & lebien-être invitent les individus à se re-produire.

A l’aspect d’une campagne dont les ter-res bien cultivées font chargées d’abon-dantes moissons, je ne demande point file pays est heureux & peuplé , je rapprendspar les beautés que m’offrent la nature.Mon ame s’émeut & se remplit d’une joiedouce & pure en admirant les trésorsqu’elle accorde â ces hommes innocens,dont elle fructifie la race & les travaux. Jeme sens pénétré d’attendrissement & dereconnoissance ; je la bénis & je bénis aussile gouvernement fous lequel ils multiplientleur espece & ses dons.

S’il faut des distinctions dans la société,c’elí à ces hommes vertueux & utiles quil’enrichissent fans la corrompre, qu’elîesfont dues. Ils en ont eu dans les gouverne-mens les plus policés & les plus illustres.Romulus ne permit aux hommes libresque deux exercices, les armes & l’agricul-ture. Aussi les plus grands hommes deguerre & d’état étoient agriculteurs. Ca-ron l’ancien cultivoit la terre, & en a faitun traité. Xénophon, dialogue de Socrate L-de Critohule , fait dire par le jeune Cyrusà Lyfandre, qu’il ne dlnoit jamais fansavoir fait jusqu’â la sueur quelque exerciceguerrier ou rustique. A la Chine elle estencore plus honorée. L’empereur fait tousles ans la cérémonie d’ouvrir les terres ; ilest informé chaque année du laboureurqui s’est le plus distingué, & le fait man-

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darin du huitième ordre , fans qu’il lui foiepermis de quitter fa profession. Le P. Du-halde nous apprend que Venty, troisièmeempereur de la troisième dynastie, cuiti-

r°rû ' a terrs ^ ses propres mains : aufstla Chine eíì-elle le pays le plus fertile &

j ^ du monde. On lit encore

dans M. de Montesquieu , que chez lesanciens Pertes, le huitième jour du moisnommé chorrent-ru^, les rois quirtoientleur faste pour manger avec les laboureurs.Ce qui me touche dans ces usages , ce n’eítpas le stérile honneur que le souverain fai-soit à la portion la,plus nombreuse & laplus utile de ses sujets ; mais c’est le pré-jugé doux & légitime qu’il sentoit toutei’importance de leur état, & qu’il ne fex-cédoit pas d’impoíitions. Or combien tousces usages nedevoient-ils pas encouragerl’agriculture &: la population 1 - Combien ceuxde nos jours n’y sont-ils pas contraires ?

La différence que met dans la conditiondes hommes, l’inégalité des rangs & desfortunes qui a prévalu dans la politiquemoderne, est une des causes qui doit leplus contribuer à leur diminution. Un desplus grands mconvéniens de cette humi-liation est d’éteindre en eux tous les fenti-mens naturels & réciproques dissectionqu’ils se doivent. II y a tant de dispropor-tion entre leur sort, que lorsqu’ils fe con-sidèrent d’un état à l’aùtre , ils ont peineà fe croire de la même espece. On a vudes hommes, oubliant qu’ils pouvoiencnaître dans l’abjection, & qu’ils ne te-noient leurs dignités que des conventions ,dégrader d’autre hommes au point de lesemployer à des choses pour lesquelles ilsauroient répugné à se servir de leurs ani-maux ; & fe persuader que leurs semblablesn’étoientsusceptibles ni des mêmes biens ,ni des mêmes maux que ceux qu’ils pou voientéprouver.

C’est cet orgueil démesuré, & l’enviede perpétuer après foi l’autoritéque l’ona eu fur les autres , qui ont donné l’idéeau droit d’ainesse, établi contre la nature& le bien public. On craignoit tant àAthènes la réunion des biens , que pouréviter celle de deux hérédités dans uneméme famille, il y étoit permis d’épouser s Ssœur coní anguine, & non pas fa sœur utérine