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Tome vingt-sixième.
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anciennes étoient plus grandes, mais odesCroient momentagces ; ies nôtres font cons-tantes & continuelles.

Les armées étoient composées de ci-toyens qui ne coâtoîent rien , ou sort peuà Pétât ; ils étoient mariés ; ils avoientdes biens dans la république , & se reti-roient chez eux après la guerre. Nosarmées font toujours subsistantes , mêmependant la paix; leur entretien occasionnela surcharge des impôts., qui réduit dans!r mifere les peuples qui les supportent ,& par conséquent les éloigne eux-mêmesde la propagation. Elies font composéesde mercenaires , qui n’ont de bien queleur solde ; on les empêche de se marier,& l’on fait une chose raisonnable. Quiest-ce qui nourriroit leurs femmes & leursenfans ? Leur paye ne suíHt pas poul-ies faire vivre eux-mêmes ; c’est unemultitude de célibataires perpétuellementexistante , qui ne se reproduisent point,qu’il faut renouveler sans cesse par d’autrescélibataires que l’on c-nleve à la propaga-tion; c’est une antropophagie monstrueuse,cjui dévore à chaque génération une partiede l’espece humaine. I! saut convenir que 1nous avons des opinions & des contra-riétés bien bizarres ; on trouve barbarede mutiler des hommes pour en faire deschanteurs , & l’on a raison ; cependant onne trouve point qu’il le soit de les châtrerpour en faire des homicides.

C’est le désir de dominer ; c’est !e faste ,le luxe & la vanité , plutôt que la fureté(les états , qui ont introduit en Europel'usage de conserver même en pleine paix,ces multitudes de gens armés dont onne tire aucun.e utilité , qui ruinent lespeuples , & qui épuisent également leshommes & les richesses des puistancesqui les entretiennent. Plus il y a de gensà commander , plus il y a de dignités ■plus il y a de dignités , plus il y a dedépendance & de courtisans pour les ob-tenir. Aucune puissance n’a gagné pour fafureté à cet accroissement de charges'qu’elieft’est donnée. Toutes ont augmenté leurstroupes dans la proportion de celles queleurs voisins on t laissées fur pié. Les forces

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avec cinquante mille hommes, ne Test pasplus aujourd’hui avec deux cens mille,parce que les forces contre lesquelles il avoulu le garantir ont été portées au niveaudes siennes. Les avantages de la plus grandelurete, qui ont été le prétexte de celte plusgrande depenfe , font donc réduits à zéro;il n y a que la depenfe & la dépopulationqui restent.

Rien n’indemnise la société de ces dé-penses ; les troupes, lorsque l’Europe esttranquille, sont tenues dans une inactionqui leur est funeste à elles mêmes, lorsqueía guerre revient. L’inhabitude du travailies énerve, la moindre fatigue qu’elles fontobligées de supporter ensuite les détruit.

Les armées romaines n’étoient pointentretenues de cette maniéré, & ne crai-gnoient pas le même dépérissement. Ellesn’avoient pas plutôt achevé de vaincre ,qu’elles se livroient â de grands travauxutiles au bien public, & qui ont immor-talisé cette nation autant que ses victoiresl’ont illustrée. On connoît la magnificencede ces fameux chemins qu’elles ont cons-truits pendant la paix. Aussi les fatiguesque pouvoient supporter les soldats romainsà la guerre, paroissent-elles de nos joursdes prodiges prcsqu’incroyables. II est éton-nant qu’on ne cherchepas à tirer les mêmesavantages des nôtres, avec tant de moyensde les rendre utiles par des travaux qui dé-dommageroient au moins de leur stérilité.La servitude la plus cruelle que les labou-reurs connoissent est celle des corvées ,elles font entre eux une source intarissa-ble de vexations. Elles les détournent de laculture des terres, & souvent les-bestiauxqu’ils font obligés de fournir y peristentfans qu’ils en soient dédommagés. On lesaíFrarîchiroit de cette sujétion , on amé-liorer oit le sort des soldats, on les ren-droit plus robustes & plus en état de souf-frir les fatigues auxquelles ils font destinés,si l’on employoit tour à tour une partie destroupes chaque année à la construction deschemins, que Ieshabitans de la campagnefont obligés de faire par des corvées quileur causent un si grand préjudice. I! n’en

se sont mises de niveau , comme ellesf étoient auparavant : l’état qui étoit gardéTome XXVL

est point qui, pour s’en dispenser , n'ac-cordât une iégere contribution dont onforme r oit pour les íoldats une augmenta-is!: k kk

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