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Tome vingt-sixième.
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«oisive , & sédentaire, qui les jetteroient33 dans le luxe, la volupté , la í’ainéanriíe, Sc>3 Pexcessive dépense , qui ont toujours été» la principale cause de la ruine des royau-,3 mes&rép-ubliques,lesdestituant de loyaux,

,3 vaillans & valeureux citoyens ,deícjuels V.,3 M. a plus de besoin que de tous ces petits,3 mafiolets de cour & de villes vêtus d’or &,3 de pourpre. Si pour le pré lent, ajcutoit->3 il, vous méprisez ces raisons, peut-être33 un jour aurez-vous regret de n’y avoir33 pas eu plus d’égards '3. Mém. de Sullì , tome1 , pages l 8 o. Ù l 8 l. de l édition in-folio.

Le commerce de luxe & les arts de lamême espece , joignent à tous ces incon-véniens la dangereuse séduction d’ofFriraux hommes plus de bénéfice & moins defatigues, qu’ils n’en trouvent dans les tra-vaux de la campagne. Qui est-ce qui tra-cera de pénibles sillons? qui, le corpscourbé depuis le lever du soleil jusqu’à soncoucher, cultivera les vignes, moilïònnerales champs, supportera enfin dans des tra-vaux fi durs les ardeurs deî’été & la rigueurdes hivers ; quand à l’abri des faisons ,tranquil!e& astis le longdu jour, on pourragagner davantage en filant de la fore, ouen préparant d’autres matières dans lesmanufactures de luxe? Aussi ces manufactu-res & ce commerce ont-ils attiré les hom-mes dansles villes, & leur donnent l’appa-rence d’une abondante population ; maispénétrez dans les campagnes, vous les trou-verez désertes & deíîéchées. Leurs pro-ductions n’étant pas l’objet du commerce,il n’y en aura de cultivées que la quantité'indispensable pour la subsistance du pays ;il n’y aura d’hommes que le nombre néces-saire pour cette culture; car jamais ils nemultiplient au delà de cette proportion.

C’est ainsi que le commerce de luxe dé-peuple les campagnes pour peupler les vil-les ; mais ce n'est qu’accidentelíemenr.Cette population , ainsi que les richesses dece commerce , font précaires & dépendentde tous les événemens. La moindre cir-constance les fait évanouir; la guerreRétablissement de manufactures semblables 'le transport même des vôtres dans d’autresétats; îe défaut des matières que l’on meten œuvre ; une infinité d’autres causesanéantissent ce commerce, & font cesser

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les travaux de ces manufactures. Alors unpeuple entier que l’on a enlevé à la culturedes terres, reste dans Pinaction ; il ne peutplus gagner fa nourriture , 'que Pétat est| pourtant obligé de fournir. Voilà tout àcoup de nombreuses familles mendiant leurpain , ou s expatriant pour aller chercherchez 1 etranger !e travail que vous ne pou-| vez, plus leur procurer. Ces hommes, deve-| nus à charge à la société, Pauroient enri-chie & peuplée, fi on ne les eût point dé-tourné de leurs véritables occupations. Psavoient de petites possessions par lesquellesils tenoient au fol , & qui les rendoíenccitoyens ; en devenant de simples jour-naliers , ils ont cessé d’être patriotes : carcelui qui ne post’ede rien n’a point de pa-trie ; il porte par-tout ses bras & son in-•! dustrie, Sc se fixe où il trouve à vivre. O 1reste ainsi sans commerce, fans richesses,& lans peuple, parce qu’on a méconnu &j abandonné la véritable cause qui produitles uns Sc les antres.

Un autre ministre dont l’administrationest admirable par tant -Vautres endroits,donna tout au faste & rien à futile ; sacrifiades richesses réelles à des richesses artifi-cielles , quand il défendit la sortie des grainsde!aFrance, pour favoriserPétablistemencdes manufactures de luxe : ce fur un ordrede mort pour P Agriculture & la population.

Avec bien d’autres institutions dont iasagesse produit des effets tout contraires,les Anglois ont encore eu le bon esprit dos’emparer du trésor que le ministre étran-ger immoloit aux richesses de vanité. Copeuple semble fait pour donner aux autresdes leçons en tous genres. En faisant desI matières de nécessité l’objet principal doson commerce, l’Angleterre est devenueP arbitre de celui deì’Europe , la puissancemaritime la plus forte, le terroir le mieuxcultivé, la plus fertile & la nation commer-çante la plus nombreuse.

Le commerce produit les richesses , &les richesses produisent le luxe : les arts &les sciences naissent dos richesses & du luxe.0:i en a conclu que fans luxe il n’y avoicni commerce, ni richelïes, ni arts, nisciences ; mais en raisonnant ainsi, on afait une pétition de principe ; on ne s’dstpas appercu que de ce qui ne doit être