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Tome vingt-sixième.
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faut donc pas qu’il détruise les hommes, ilfe détruiroit lui - même, & cela arrivequand ìl n’est pas fondé fur les causes natu-relles qu’il doit avoir. Ajoutons que pourêtre réellement utile & favorable à la popu-lation , le commerce doit-être dans le rap-port & même dans la dépendance des pro-ductions da pays. II faut qu’il en excite laculture & non pas qu’il en détourne; qu’el-les en soient la cause & non pas Paccefloire;alors nous aurons établi , je crois, les vé-ritables principes da commerce, du moinspeur les nations dont le fol produit des ma-tières trafiquabîes.

Ces principes ne font pas ceux qui pré-valent aujourd'hui dans la plupart des na-tions. Depuis la découverte du nouveaumonde & nos établiífemens dans les In-des , toutes les vues se sont tournées furles riches matières que renferment cescontrées, nous ne faisons plus qifun com-merce de luxe & de superfluités. Nousavons abandonné celui qui nous éteit pro-pre & qui pouvoit nous procurer des ri-chesses solides. On font les avantages qui'en ont résulte? où ne font pas plutôt lespréjudices que nous en avons fouíFerts ?

En multipliant les besoins, beaucoup ■au delà des moyens qu’elles nous ont don-nés pour les satisfaire, toutes les richessestirées de ces parties du monde ncus ontrendu trois fois plus pauvres que nousn’étions auparavant. Une simple compa-raison des va’eurs numéraires suffit pournous en convaincre : avec une fois plusd’or & d’argent que nous n’en avions ,les valeurs en font plus que doublées. Est-ce l’eíFet de l’abondance, que d’augmen-ter le prix de ia denrée ? Malgré la plusgrande quantité , les elpeces numérairesfont donc plus rares, puisque l’on a étéforcé de recourir à l’augmentation de leurvaleur ; & d’où provient cette rareté , sice n’est de ce que la quantité des richessesa été fort inférieure au besoin qu’ellesnous ont donné d’en avoir ?

En général, toute richesse qui n’eslpoint fondée fur l’industrie de la nation ,fur le nombre de íes habitans , & fur laculture de ses terres, est illusoire , préju-diciable , & jamais avantageuse.

sous les trcsersdu nouveau monde &

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des Indes , n’empêcherent pas Philippe

second de faire une semeuse banqueroute.Avec les mêmes mines quepoísede aujour-d’hui l’Espagne , elle est dépeuplée , 8c se3terres font en friche ; la subsistance du Por-tugal dépend ’des Anglois, l’or 8c les dia—mans du Brésil en ont fait le pays le plus ari-de , & l’un des moins habités de 1 Europe;í’ita'ie autrefois si fertile & si nombreuíe enhommes, n-e l’est plus autant depuis que secommerce des choses étrangères & de luxe,a pris la place de l’agriculture & du traficdes denrées qui en proviennent.

En France ccs effets font remarquables:depuis le commencement du fiecle der-nier , cette monarchie s’efì accrue de plu-sieurs grandes provinces très - peuplées jcependant tes habitans font moins nom-breux d’un cinquième, qu’ils ne Pécoientavant ces réunions, & ses belles provinces,que la nature semble avoir destinées à four-nir des subsistances à toure l Europe , fontincultes. C'est à la préférence accordée aucommerce de luxe qu’il faut attribuer enpartie ce dépérissement. Sulli, ce grand 8Csage administrateur, ne connoiíloit dscommerce avantageux pour ce royaume,que celui des productions de son sos C’étoiten favorisant l’agriculture qu’il vouloir sepeupler & l’enrie-hir : ce fut aussi ce cjueproduisit son ministère, qui dura trop peupour le bonheur de cette nation. II sembsequ’il prévoyois tout le mal qu’on y feroitun jour pat des maximes contraires : L 3France, difcit-il, en 1603 à Henri iVsiqui le pressoitd’applaudir aux ctablissemensqu’il vouloit faire de quelques manufacturesde foie, " la Fiance est généralement«pourvue plus que royaume du monde,« de tant de bons terrains çu’elle peut« mettre en valeur , dont se grand rappntt« consistant en grains , légumes , vins,« pastels , huiles, cidres, sels , lins, charr-« vres, laines, draps, pourceaux, & m v '« sets , est cause de tout l’or & l’argent q ,!t« entre en ce royaume. Par conséquent se» culture de ces productions qui entretientn lessiijets dans des occupations pénibles &

« laborieuses, où ils out beseán d’être exei-» ces, vaut mieux que touresles foies & ss l2 '

» nufacturesd’étofíes riches,cui íeurferoiert7 ) contracter l’habitude d’unevie meditativ