DU SYSTÈME DU MONDE. i5
variables. Souvent, elles sont nombreuses et fort étendues : on ena vu dont la largeur égaloit quatre ou cinq fois celle de la terre.Quelquefois, mais rarement, le soleil a paru pur et sans taches,pendant des années entières. Presque toujours, les taches solairessont environnées de pénombres renfermées elles-mêmes dans desnuages de lumière, plus clairs que le reste du soleil, et au milieudesquels on voit les taches se former et disparoître. Tout cela in-dique à la surface de cette énorme masse de feu, de vives effer-vescences dont les volcans n’offrent qu’une très-foible image. Mais,quelle que soit la nature de ces taches, elles nous ont faitconnoître unphénomène remarquable, celui de la rotation du soleil. Au traversdes variations qu’elles éprouvent, on démêle des mouvemens régu-liers qui sont exactement les mêmes que ceux des points corres-pondans de la surface du soleil, en supposant à cet astre, dans lesens de son mouvement autour de la terre, un mouvement de rota-tion sur un axe presque perpendiculaire à l’écliptique. On a conclude l’observation suivie des taches, que la durée de la rotation dusoleil, est d’environ vingt- cinq jours et demi; que l’équateur solaireest incliné de huit degrés un tiers, au plan de l’écliptique ; et queles points de cet équateur, en s’élevant par leur mouvement derotation, au-dessus de ce plan, vers le pôle boréal, le traversentdans un point qui, vu du centre du soleil, étoit à 86°, 20 de l’équi-noxe du printemps, au commencement de iy5o r
Les taches du soleil sont presque toujours comprises dans uneüône de sa surface, dont la largeur mesurée sur un méridien solaire,ne s’étend pas au-delà de trente-quatre degrés, de chaque côté deson équateur ; on en a cependant observé à quarante-quatre degrésde distance.
Bouguer a trouvé par des expériences curieuses et délicates surl’intensité de la lumière des divers points du disque du soleil, quecette lumière est un peu plus vive au centre, que vers les bords.Cependant, la même portion du disque, transportée du centre auxbords, par la rotation du soleil, s’y présentant sous un plus petitangle, sa lumière devroit être beaucoup plus intense ; il faut doncqu’elle soit éteinte en grande partie, ce qui ne peut s’expliquerqu’en supposant le soleil environné d’une épaisse atmosphère qui.