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EXPOSITION
La lune ne disparoit pas entièrement dans ses éclipses 5 elle estencore éclairée d’une très-foible lumière qui lui vient des rayonsdu soleil, infléchis par l’atmosphère terrestre : sa clarté seroit mêmealors plus vive que dans la pleine lune, sans la grande extinctionde ces rayons dans notre atmosphère. Cette lumière doit êtremoindre dans les éclipses périgées, que dans les éclipses apogées;les vapeurs et les nuages peuvent l’affoiblir au point de rendrela lune invisible dans ses éclipses, et l’histoire de l’astronomie nousoffre quelques exemples, quoique très-rares, de cette disparitiontotale de la lune.
On distingue encore, sur-tout près des nouvelles 1 unes, la partiedu disque lunaire, qui n’est point éclairée par le soleil. Cette foibleclarté que l’on nomme lumière-cendrée , est due à la lumière quel’hémisphère éclairé de la terre réfléchit sur la lune; et ce qui leprouve, c’est qu’elle est plus sensible vers la nouvelle lune, quandune plus grande partie de cet hémisphère, est dirigée vers cet astre.En effet, il est visible que la terre offriroit à un obsex'vateur placésur la lune, des phases semblables à celles que la lune nous pré-sente, mais accompagnées d’une plus forte lumière, à raison de laplus grande étendue de la surface terrestre.
Le disque lunaire offre un grand nombre de taches invariablesque l’on a observées et décrites avec soin. Elles nous montrent quecet astre dirige toujours vers nous, à-peu-près, le même hémi-sphère ; il tourne donc sur lui-même dans un temps égal à celui desa l’évolution autour de la terre; car si l’on imagine un observateurplacé au centre de la lune supposée transparente, il verra la terre etson rayon visuel se mouvoir autour de lui, et comme ce rayon tra-verse toujours au même point, à-peu-près, la surface lunaire, il estévident que ce point doit tourner dans le même temps et dans lemême sens que la terre, autour de l’observateur.
Cependant, l’observation suivie du disque lunaire, fait apper-cevoir de légères variétés dans ses apparences ; on voit les tachess’approcher et s’éloigner alternativement de ses bords ; celles qui ensont très-voisines, disparoissent et reparoissent successivement,e.n faisant des oscillations périodiques, que l’on a désignées sous lenom de libration de la lune. Pour se former une juste idée des causes