DU SYSTEME DU MONDE. 29
principales de ce phénomène ; il faut considérer que le disque de lalune, vu du centre de la terre, est terminé par la circonférenced’un grand cercle du globe lunaire, perpendiculaire au rayon menéde ce centre à celui de ce globe. C’est sur le plan de ce grand cercle,que se projette l’hémisphère de la lune, dirigé vers la terre, et sesapparences sont dues au mouvement de rotation de cet astre, parrapport à son rayon vecteur. Si la lune étoit sans mouvement derotation, ce rayon traceroit à chaque révolution lunaire, la cir-conférence d’un grand cercle, sur sa surface dont tous les points seprésenteroient successivement à nous ; mais en même temps que lerayon vecteur trace cette circonférence, le globe lunaire en tour-nant , ramène toujours à fort peu près, le même point de sa surfacesur ce rayon, et par conséquent, le même hémisphère, vers laterre. Les inégalités du mouvement de la lune, produisent de légèresvariétés dans ses apparences ; car son mouvement de rotation neparticipant point d’une manière sensible, à ces inégalités, il estvariable relativement à son rayon vecteur qui va rencontrer ainsi,sa surface dans différens points; le globe lunaire fait donc, parrapport à ce rayon, des oscillations correspondantes aux inégalitésde son mouvement, et qui nous dérobent et nous découvrent alter-nativement quelques parties de sa surface.
De plus, son axe de rotation n’est pas exactement perpendi-culaire au plan de l’oibite : en le supposant à-peu-près fixe durantune révolution, le rayon vecteur de la lune s’incline plus ou moinssur lui, et l’angle tonné par ces deux lignes, est aigu pendant unemoitié de la révolution, et obtus pendant l’autre moitié; la terrevoit donc alternativement l’un et l’autre pôle de rotation, et lesparties de la surface, qui en sont voisines.
Enfin, l’observateur 11’est point au centre de la terre r mais à sasurface ; c’est le rayon visuel mené de son œil, au centre de la lune,qui détermine le milieu de l’hémisphère visible, et il est clair qu’àraison de la parallaxe lunaire, ce rayon coupe la surface de la lune,dans des points sensiblement différens , suivant la hauteur de cetastre sur l’horizon.
Toutes ces causes ne produisent qu’une libration apparente dansle globe lunaire; elles sont purement optiques, et n’affectent point