54 EXPOSITION
étoiles situées au nord, augmente, et celle des étoiles situées aumidi, diminue ; quelques-unes même, deviennent invisibles. Lapremière notion de la courbure de la terre, est due, sans doute, àl’observation de ces phénomènes qui ne pouvoient pas manquer defixer l’attention des hommes, dans les premiers âges des sociétés,où l’on ne distinguoit les saisons et leur retour, que par le lever etle coucher des principales étoiles, comparés à ceux du soleil. L’élé-, vation ou la dépression des étoiles fait connoitye l’angle que lesverticales élevées aux extrémités de l’arc parcouru sur la terre,forment au point de leur concours ; car cet angle est évidemmentégal à la différence des hauteurs méridiennes d’une même étoile,moins l’angle sous lequel on verroit du centre de l’étoile, l’espaceparcouru , et l’on s’est assuré que ce dernier angle est insensible. Ilne s’agit plus ensuite, que de mesurer cet espace : il seroit long etpénible d’appliquer nos mesures sur une aussi grande étendue ; ilest beaucoup plus simple d’en lier, par une suite de triangles, lesextrémités à celles d’une base de douze ou quinze mille mètres , etvu la précision avec laquelle on peut déterminer les angles de cestriangles, on a très-exactement sa longueur. C’est ainsi que l’on amesuré l’arc du méridien terrestre, qui traverse la France depuisDunkerque, et se termine à JVIontjoui près de Barcelone : la partiede cet arc, dont l’amplitude est la centième partie de l’angle droit,et dont le milieu répond à 5i°y de hauteur du pôle, est d’un millioncent soixante et dix-neuf décimètres.
De toutes les figures rentrantes, la figure sphérique est la plussimple, puisqu’elle ne dépend que d’un seul élément, la grandeurde son rayon. Le penchant naturel à l’esprit humain, de supposeraux objets, la forme qu’il conçoit le plus aisément, le porta donc àdonner une forme sphérique, à la terre. Mais la simplicité de lanature ne doit pas toujours se mesurer par celle de nos conceptions.Infiniment variée dans ses effets, la nature n’est simple que dansses causes, et son économie consiste à produire un grand nombrede phénomènes souvent très-compliqués, au moyen d’un petitnombre de loix générales. La figure d.e la terre est un résultat deces loix qui, modifiées par mille circonstances, peuvent l’écartersensiblement delà sphère. De petites variations observées dans la