DU SYSTÈME DU MONDE. 65laquelle on a porté les tables et les observations du mouvementlunaire; deux moyens bons en eux-mêmes, et qui deviennentencore meilleurs, en se prêtant un mutuel appui.
Une montre bien réglée dans un port dont la position est connue,et qui, transportée sur un vaisseau, conserveroit la même marche,indiqueroit, à chaque instant, l’heure que l’on compte dans ce port.En la comparant à celle que l’on observe à la mer; le rapport de ladiflérence de ces heures, au jour entier, seroit, comme on l’a vu,celui de la différence des longitudes correspondantes, à la circon-férence. Mais il étoit difficile d’avoir de pareilles montres ; les mou-vemens irréguliers du vaisseau, les variations de la température,et les frottemens inévitables et très-sensibles dans des machinesaussi délicates, étoient autant d’obstacles qui s’opposoient à leurexactitude. On est heureusement parvenu à les vaincre, et à exé-cuter des montres qui, pendant plusieurs mois, conservent unemarche à très-peu près uniforme, et qui, par-là, donnent le moyenle plus simple d’avoir les longitudes à la inex-; et comme ce moyenest d’autant plus précis, que le temps pendant lequel on emploie cesmontres, sans vérifier leur marche, est plus court; elles sont très-utiles pour déterminer la position respective des lieux fort voisins;elles ont même, à cet égard, quelqu’avantage sur les observationsastronomiques dont la précision n’est point augmentée par le peud’éloignement des observateurs.
Les éclipses des satellites de Jupiter, qui se renouvellent fré-quemment, offriroient au navigateur, un moyen facile de con-novtre sa longitude, s’il pouvoit les observer à la mer; mais lestentatives que l’on a faites pour vaincre les difficultés qu’opposentà ce genre d’observations, les mouvemens du vaisseau, ont étéjusqu’à présent infructueuses. La navigation et la géographie ontcependant retiré de grands avantages, de ces éclipses, et sur-toutde celles du premier satellite, dont on peut observer avec préci-sion, le commencement ou la fin. Le navigateur les emploie avecsuccès dans ses relâches : il a besoin, à la véxité, de connoîtrel’heure à laquelle la même éclipse qu’il observe, seroit vue sous unméridien connu ; puisque la différence des heures que l’on comptesur les méridiens, au moment de l’observation, est ce qui détermine
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