76 EXPOSITION
La mer s’élève et s’abaisse deux fois, dans chaque intervalle detemps, compris entre deux retours consécutifs de la lune, au mé-ridien supérieur. L’intervalle moyen, de ces retours est de i'-,o55o5o :ainsi, l’intervalle moyen entre deux pleines mers consécutives estde o’-,5i7525, en sorte qu’il y a des jours solaires dans lesquels onn’observe qu’une seule marée. Le moment de la basse mer, diviseà-peu-près également cet intervalle : la mer emploie cependant àBrest, neuf ou dix minutes de moins, à monter qu’à descendre.Comme dans toutes les grandeurs susceptibles d’un maximum oud’un minimum, l’accroissement et la diminution de la marée versces limites, sont proportionnels aux quai’rés des temps écoulésdepuis la haute ou la basse mer.
La hauteur de la pleine mer, n’est pas constamment la même;elle varie, chaque jour, et ses variations ont un rapport évidentavec les phases de la lune; elle est la plus grande vers le temps despleines et des nouvelles lunes; ensuite elle diminue, et devient laplus petite, vers les quadratures. A Brest, la plus haute marée n’a-point lieu le jour même de la sysigic, mais un jour et demi après;en sorte que si la sysigie arrive au moment d’une pleine mer, latroisième marée qui la suit, est la plus grande. Pareillement, si laquadrature arrive au moment de la pleine mer, la troisième maréequi la suit, est la plus petite. Ce phénomène s’observe à-peu-prèségalement dans tous les ports de France, quoique les heures desmarées y soient fort différentes.
Plus la mer s’élève, lorsqu’elle est pleine, plus elle descend dansla basse mer suivante. Nous nommerons marée totale, la demi-somme des hauteurs de deux pleines mers consécutives, au-dessusdu niveau de la basse mer intermédiaire. La valeur moyenne decette marée totale à Brest, dans son maximum vers les sysigies, estde 5 me ,888 ; elle est de 2 me ,78g dans son minimum vers les quadra-tures.
La distance de la lu ne à la terre, influe d’une manière très-sen-sible, sur la grandeur des marées totales. Tout étant égal d’ailleurs,elles augmentent et diminuent avec le diamètre et la parallaxe lu-naires, mais dans un plus grand rapport. Si ce diamètre croît d’undix-huitième, la marée totale croît d’un huitième vers les sysigies,