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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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92 EXPOSITION

communiquent beaucoup plus de chaleur qu’il n’en recevroit d’unpoids égal d’eau bouillante; et d’ailleurs, on sait que l’eau pouvantse conserver fluide, quoique sa température soit de plusieurs degrésau-dessous de zéro, elle se transforme alors en glaçons, pour peuqu’on l’agite, et le thermomètre que l’on y plonge, monte à zéro,par la chaleur que ce changement développe.

Sans la pression de l’atmosphère, la glace fondue se réduirait envapeurs; mais cette pression contient l» IWoo répulsive que lachaleur communique aux molécules fluides, et maintient la glacefondue, sous forme d’eau, jusqu’à ce que la chaleur soit assez grandepour que sa force répulsive l’emporte sur la pression de l’atmo-sphère. A cet instant, l’eau entre en ébullition et se réduit envapeurs; le degré de température de l’eau bouillante, varie doncavec la pression de l’atmosphère : il est moindre au sommet desmontagnes, qu’au niveau des mers; et dans un récipient dans lequelon peut raréfier et condenser l’air à volonté, on peut accroître oudiminuer à volonté, la chaleur de l’eau bouillante. Ainsi, la cha-leur rend la mer fluide, et la pression de l’atmosphère l’empêche desç réduire en vapeurs.

Tous les corps que nous pouvons faire passer de l’état solide àl’état fluide, offrent de semblables phénomènes; mais la tempé-rature à laquelle leur fusion commence, est très-différente pourchacun d’eux. Le mercure, par exemple, devient solide vers qua-rante degrés au-dessous de zéro, comme on s’en est assuré parl’expérience : il commence à se fondre à ce degré de température;il entre en ébullition, à la température de 376° et à la pression d’unecolonne de mercure de o ra ',76; en sorte qu’à cette pression de l’atmo-sphère, l’intervalle de la température comprise entre la fusion etl’ébullition, intervalle qui, pour l’eau, est de cent degrés, s’élève à4i6°, pour le mercure.

Il existe des corps qui ne peuvent pas devenir fluides, par lesplus grandes chaleurs que nous pouvons exciter. Il en est d’autresque le plus grand froid qu’ils éprouvent sur la terre, ne peut pasréduire à l’état solide : tels sont les fluides qui forment notre atmo-sphère, et qui, malgré la pression et le froid auxquels on les asoumis, se sont jusqu’ici maintenus dans l’état de vapeurs. Mais leur