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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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q6 EXPOSITION

Chaque astre présente des difficultés semblables, qui sont toutes

levées par la rotation de la terre.

On a vu précédemment, que le pôle de l’équateur paroît semouvoir lentement autour de celui de l’écliptique, et que de-làrésulte la précession des équinoxes. Si la terre est immobile, lepôle de l’équateur est sans mouvement, puisqu’il répond toujoursau même point de la surface terrestre ; l’écliptique se meut doncalors sur ses pôles, et dans ce mouvement, elle entraîne tous lesastres. Ainsi, le système entier de tant de corps si différens parleurs grandeurs, leurs mouvemens et leurs distances, seroit encoreassujéti à un mouvement général qui disparoît et se réduit à unesimple apparence, si l’on suppose l’axe terrestre se mouvoir autourdes pôles de l’écliptique.

Emportés d’un mouvement commun à tout ce qui nous envi-ronne, nous sommes dans le cas d’un spectateur placé sur unvaisseau. Il se croit immobile ; et le rivage, les montagnes et tousles objets placés hors du vaisseau, lui paroissent se mouvoir. Maisen comparant l’étendue du rivage et des plaines, et la hauteur desmontagnes, à la petitesse de son vaisseau• il reconnoît que leurmouvement n’est qu’une apparence produite par son mouvementréel. Les astres nombreux x'épandus dans l’espace céleste, sont ànotre égard, ce que le rivage et les montagnes sont par rapportau navigateur j et les mêmes raisons par lesquelles il s’assure de laréalité de son mouvement, nous prouvent celui de la terre.

L’analogie vient à l’appui de ces preuves. On a observé les mou-veznens de rotation de plusieurs planètes, et tous ces mouvemenssont dirigés d’occident en orient, comme celui que la révolutiondiurne du ciel semble indiquer dans la teri'e. Jupiter, beaucoupplus gros qu’elle, se meut sur son axe, en moins d’un demi-jour;un observateur à sa surface, verrait le ciel tourner autour de luidans cet intervalle; ce mouvement du ciel ne sei'oit cependant,qu’une apparence. N’est-il pas naturel de penser qu’il en est demême de celui que nous observons sur la terre? Ce qui confii-med’une manière frappante, cette analogie; c’est que la terre, ainsi queJupiter, est applatie à ses pôles. On conçoit en effet, que la forcecentrifuge qui tend à écarter toutes les parties d’un corps, de son

axe