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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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EXPOSITIONles parties de la terre, un mouvement égal et contraire à celui deson centre, ce pointrestera immobile, ainsique laxe deiotation ; maisce mouvement imprimé ne change point les apparences de celui dusoleil ; il ne fait que transporter en sens contraire , à cet astre, lemouvement réel de la terre; les apparences sont par conséquent,les mêmes dans lhypothèse de la terre en repos, et dans celle de sonmouvement autour du soleil. Pour suivre plus particulièrementlidentité de ces apparences; imaginons un rayon mené du centredu soleil à celui de la teri'e : ce rayon est perpendiculaire au planqui sépare lhémisphère éclairé de la terre, de son hémisphèreobscur : le point dans lequel il traverse la surface terrestre, voitle soleil perpendiculairement au-dessus de lui ; et tous les points duparallèle terrestre que ce layon rencontre successivement en vertude son mouvement diurne, ont à midi, cet astre au zénith. Or,soit que le soleil se meuve autour de la terre, soit que la terre semeuve autour du soleil, et sur elle-même, son axe de rotation con-servant toujours une situation parallèle ; il est visible que ce rayontrace la même courbe sur la sur face de la terre ; il coupe dans lesdeux cas, les mêmes parallèles à léquateur, lorsque le soleil a lamême longitude apparente; cet astre sélève donc également surlhorizon, et les jours sont dune égale durée. Ainsi, les saisons etles jours sont les mêmes dans lhypothèse du repos du soleil, et danscelle de son mouvement autour de la terre; et lexplication des sai-sons, que nous avons donnée dans le livre précédent, sappliqueégalement à la première hypothèse.

Les planètes se meuvent toutes dans le même sens autour dusoleil, mais avec des vitesses différentes; les durées de leurs révo-lutions croissent dans un plus grand rapport que leurs distances àcet astre; Jupiter, par exemple, emploie douze années à-peu-prèsà parcourir son orbe dont le rayon nest quenviron cinq fois plusgrand que celui de lorbe terrestre ; sa vitesse réelle est donc moindreque celle de la terre. Cette diminution de vitesse dans les planètes,à mesure quelles sont plus distantes du soleil, a généralement lieudepuis Mercure, la plus voisine de cet astre, jusquà Uranus, laplus éloignée ; et il résulte des loix que nous établirons ci-après,