DU SYSTEME DU MONDE.
UT
CHAPITRE Y.
De la figure des orbes des planètes , et des toix de leurmouvement autour du soleil.
Rien ne seroit plus facile que de calculer d’après les donnéesprécédentes, la position des planètes pour un instant quelconque,si leurs mouvemens autour du soleil étoient circulaires et uni-formes ; mais ils sont assujétis à des inégalités très-sensibles dontles loix sont un des plus importans objets de l’astronomie, et le seulfil qui puisse nous conduire au principe général des mouvemenscélestes. Pour reconnoître ces loix, dans les apparences que nousoffrent les planètes 5 il faut dépouiller leurs mouvemens, des effetsdu mouvement de la terre, et rapporter au soleil, leur positionobsei’vée des divers points de l’orbe terrestre; il est donc nécessaireavant tout, de déterminer les dimensions de cet orbe, et la loi dumouvement de la terre.
O11 a vu dans le chapitre u du premier livre, que l’orbe apparentdu soleil est une ellipse dont le centre de la terre occupe un desfoj^ersj mais le soleil étant réellement immobile, il faut le mettreau foyer de l’ellipse, et placer la terre sur sa circonférence; le mou-vement apparent du soleil sera le même, et pour avoir la positionde la terre vue du centre du soleil, il suffira d’augmenter de deuxangles droits, la position de cet astre.
On a vu encore que le soleil paroît se mouvoir dans son orbe, demanière que le rayon vecteur qui joint son centre à celui de la terre,semble tracer autour d’elle, des aires proportionnelles aux temps:mais dans la x’éalité, ces aires sont tracées autour du soleil. Engénéral, tout ce que nous avons dit dans le chapitre cité, sur l’ex-centricité de l’orbe solaire et ses variations, sur la position et lemouvement de son périgée, doit s’appliquer à l’orbe terrestre, eut