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Tome vingt-neuvième.
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2.2, R E T

mencement, avant que la prunelle se ré-trécisse , devient clair & très-distinct quandelle est contractée. On voit donc que cesmouvemens font volontaires & indépendansdu peu ou beaucoup de lumière transmileà l’œil par ces petits objets ; on fait tou-jours les même mouvemens , de façon qu’àpeine la lumière la plus vive-en peut faireautant; dans ces cas-là, la prunelle ferétrécit par la néceílité de mieux voir lele petit objet ; c’estune chose très-connuequ’il faut alors la contracter pour exclureles rayons divergens Sc superflus.

Les vérités jusqu’à présent établies nousprêtent deux autres argumens , pour nousconvaincre que tous ces mouvemens fontvolontaires. Premièrement la prunelle semeut en conséquence de ce que l’animal estsensible à la lumière & voit les objets exté-rieurs ; il faut donc que la cause de cesmouvemens réside dans ce qu’on appelle leprincipe [enfuis , & que la lumière ne soitqu’une condition , puisque ces mouvemensdépendent entièrement de la sensation dela vue ; ainsi l’iris ne fera remué par aucunressort méchanique de cet organe. Lesecond raisonnement que l’on en peut infé-rer est que si les mouvemens de l’iris e'toientméchaniques, & non pas animaux , si lalumière en étoit la cause immédiate , l’irisne se dilateroit pas , mais se rétreciroitplutôt à 1’approche de la lumière , en pro-portion de la vivacité de cette même lu-mière ; car I’état naturel ou le repos del’iris consistant dans fa dilatation , plusil est large , plus il en approche ; & aucontraire , plus il se rétrécira en dilatantla prunelle , plus seront violens les chan-gemens faits & occasionnés par la lumière ,parce que je ne vois pas comment on pour-roit appliquer à faction de la lumière lerétrecistement de la prunelle qui arrivedans le sommeil , quand cesse toute autreaction violente qui puisse la faire mouvoir ;ainsi on auroit tous les effets de la lumièrefans la présence de la lumière ; & il fau-droit dire que le rétrécissement de la pru-nelle n’est pas l’état naturel de l’iris, parce.que dans cette hypothèse il est produit parla lumière , & il faudroit dire aufli quec est son état naturel ? puisqu’elle se rétre-$\t díìqs le sommeil.

R E T

Pour ôter entièrement toute ombre dedoute , je voulus examiner si les mouve-mens des deux prunelles s’accordoient en-tr’eux dans les yeux sains, pour en tirer lalégitime conséquence qu’ils ont un principemouvant qui leur est commun : je plaçaientre les yeux de mon chat, un cartonperpendiculaire à son front & à ses narines,en forme de cloison , de façon qu’on pou-voir éclairer un des yeux , & laisser l’au-tre dans les ténèbres ; ainsi je remarquaien approchant la lumière de l’un , que laprunelle de l’autre se rétrécissent égale-ment , & qu’en diminuant la lumière ,les deux prunelles se dilatoient aussi enmême tems. Ce qui arrive dans le chat,arrive de même , & dans f homme , &dans les autres animaux : & j’en ai faitl’expérience fur moi-même au miroir. Enfermant un seul œil, la prunelle de l’autre sedilate , & en le rouvrant soudain, on voitsa prunelle auílì dilatée que l’autre , & unmoment après elles se rétrécissent égale-ment ; donc les mouvemens des prunellesfont analogues & égaux , même quand lalumière frappe fur un seul œil ; il fautdonc que la cause en soit unique & com-mune ; mais cette cause n’est certaine-ment pas la lumière ni autre chose externe,car elle ne pourroit pas agir fur l’œil ferméou couvert par l’ombre du carton ; ellene pourroit pas agir non plus par le moyende quelque connexion d’organes entre l’œilouvert & l’œil fermé , parce que les yeuxfont deux machines entièrement séparéesl’une de l’autre , & parce qu’on voit parla précédente expérience , que les mouve-mens de la prunelle dans l’œil ferméne secondent pas ceux de l’œil ouvert ;mais au contraire ceux de l’œil ouvertsuivent les altérations de celui qui estfermé. II y a donc une force intérieurequi influe fur ces mouvemens & gou-verne les deux yeux ; & c’est la purevolonté.

Boerhaave , en soufflant dans les pou-mons d’un chien , auquel il avoit ouvertla poitrine , observa que les prunelles semouvoient, mais redevenoient immobilesdès qu’il cessoit de souffler ( impetumf a-ciens ) , la rétine incapable de sentimentdans l’animal à demir-mort, recouvrojs