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Opposer avoir tout entendu , quand onconnoît l’état naturel de l’iris, & quequand la lumière frappe la rétine , la pru-nelle se rétrécit ; il est vrai que cette chose5’ensuit mais elle n’en est pas l’effet. Lesphysiciens font sujets à prendre pour esternécessaire d’une chose , ce qui n’en est quela suite ; il est sûr cependant qu entre larétine & l'iris, il n’y a aucune commu-nication organique , aucun visible fila-ment , aucun vaisseau. Rien ne pastè deTune à l’autre , & les microscopes les plusforts , les injections les plus pénétrantes ,non-seulement ne laistent point voir , maisne font pas mêstie soupçonner de con-nexion entre ces parties.
Ainsi les impressions de la lumière fur larétine , ne peuvent, par le moyen d’au-cun organe , rétrécir la prunelle ; mais il
Î ' a quelqu’autre cause qui la contracte &a dilate dans cette occasion ; ces raisonsme déterminèrent à croire que les mouve-mens de l'iris ne font rien moins que rné-ehaniques & involontaires, comme on acru jusqu’à présent, d’autant plus qu’àl’occasion de tant d’observations faites furles yeux de mon chat, avec une patienceinexprimable, j’eus tout le loisir d’exami-ner tous les différons mouvemens de l’iris ,parmi lesquels j’en déméiai plusieurs qui ,fans aucun doute , étoient indépendans defaction de la lumière fur la rétine , &évidemment volontaires dans l’animal.Mais pourquoi donc ne l’étoient - ils pastous? Pour sortir de ce doute, je sis lesexpériences suivantes.
Quand le chat, frappé par trop de lu-mière feremuoit avec violence, & faifoittoute forte d’efforts pour Féviter , fa pru-nelle.fe rétrecissoit beaucoup , mais jamaisne fe fermoir entièrement. On ne peut pasnier qu’il ne ressentit de la douleur , &qu’il ne resserât la prunelle pour s’en ga-rantir ; car peu de tems après , exposéíou . l . our . S a même lumière , il fe tran-quillisent , ne donnant plus aucune marquede douleur , & la prunelle s’élargiflbít mê-me a une plus forte lumière , pourvuqu’on ne la renforçât pas subitement :e’étoit donc la douleur , non la seule illu-mination de la rétine , non la nécessitéjpéchaniquç.d’ijn ressort jnconuu qu j faifoit •
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rétrécir la prunelle ; car la lumière étanttoujours au même dégré , la prunelle aurokdû fe maintenir également resserrée & serétrécir davantage en proportion de F aug-mentation de la lumière. Mais voilà quel-que chose encore de plus convainquant ;lorsque j’effirayois mon chat, par le moyend’un bruit soudain , il élargissoit la pru-nelle , malgré la lumière qui lui frappoitles yeux , & même cette dilatation aug-menteit en proportion de son épouvante »si l’on augmentoit en même tems , & lalumière , & le bruit ; ainsi la douleuroccasionnée par la lumière cédoit à lacrainte , & cela arrive constamment úcnuit & de jour à toute sorte de lumière.Elle est donc volontaire cette dilatation dela prunelle , & dans le chat, & dans lesautres animaux , & même dans Fhomme,qui tous en font autant quand ils font saisispar la peur.
Je sis pendant la nuit une autre observa-tion qui prouve encore plus ; je plaçai parterre plusieurs lumières très-près l’unede l’autre , je me mis directement au-dessus , tenant mon chat de façon qu’il nepût les voir ; je le retournai soudain sus-pendu par sa queue, comme si j’euíîèvoulu le jetter sur ces flammes. La pru-nelle,. au lieu de fe rétrécir par tant delumière , se dilata beaucoup , & se main-tint dans cet état, tant que dura la peur detomber fur le feu. La même chose arriva,quoique je tinsse mon chat de différentesfaçons , & toujours fa prunelle s’élargiífoiçtant que duroit la crainte ; mais aprèsavoir calmé ces mouvemens de frayeur ,fl on le contraignoir de regarder ces mêmeslumières , fa prunelle se rétreciííoít.
Il falloit pourtant trouver quelqu’autrepreuve des mouvemens volontaires , quine fût pas produite par l’épouvante , &c; heureusement je la trouvai en regardant:mes propres yeux au miroir. Toutes lesfois que j’approchois de mes yeux une ai-guille ou tel autre petit objet que ce fût,la prunelle se rétrecistoit, & toujours deplus en plus á proportion que je I’appro-chois. La même chose arrivé toujours-,,quel que soit Fobjet, lumineux ou non ,pourvu qu’on l’approche beaucoup ; cecpbjet que l’on voie confusément au conj-