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Tome vingt-neuvième.
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R. E T

qui atteint à ïa retins. Dans ce cas-là donc,h la rétine e'tott insensible à tous autresrayons qu’à ceux du soleil , l’iris en con-séquence devoir être immobile à touteautre lumière , & la prunelle devoir tou-jours se maintenir dans l’état où elle estlorsqu’elle se trouve entourée d’une par-faite obscurité , comme il arrive dans lesgouttes sereines ou dans le glaucome , &dans tous les cas où la rétine est insensible ;& de même que dans ces cas P anciennehabitude de tenir la prunelle ouverte ,Pempêche de se fermer , elle ne se fermoirpas non plus dans cet homme. M. Briggioa dit quelque chose sur cette cécité noc-turne , mais cela ne mérite pas d’examen.Boerhaave essaya d’en rendre raison ; iltrouve je ne sais quelle harmonie entre lesparties internes de la rétine & du cerveau ,& les seuls rayons du soleil ; harmonie quiexclut toute autre lumière. Mais est - ilpossible qu’un physicien se paie d’un mot ?Cette harmonie n’est qu’un mot trop hy-pothétique & trop vague. D’ailleurs , onn’a qu’à se rappelles que la lumière de lalune n’est autre chose que la lumière dusoleil réfléchie ; que ses rayons font de lamême nature que ceux du jour , & queies étoiles fixes font autant de soleils quibrillent de leur propre lumière. N’y ayantdonc aucune différence de lumière à lu-mière , si ce n’est du plus ou du moinsqu’il en parvient à ì’œil, on ne peut en-tendre ce phénomène qu’en considérant lagrande différence des divers degrés de lu-mière. Bouguer {fur les gradat. de U lune),à !a suite de plusieurs expériences très-subtiles, a trouvé que la lumière du soleilest trois cent mille fois plus forte que cellede la lune, quand elle est dans son plein ; &le grand Euîer fait monter encore plus hautla distérence. C’est en Angleterre qu’onessaya , pour la premiere fois , de recueil-hr les rayons de la lumière de la lune , &api es, Philippe de la Hire le fit en France,avec le fameux miroir ardent de Tschir-nauíen ,& il plaça , un soir de pleine lune,au foyer des rayons un des plus délicatsthermomètres d’Amontons ; mais l’esprit-de-vin ne se mut aucunement dans cetinstrument : la différence rapportée devoitrepliement etre calculée de cette maniéré ;Tome XXIX.

R E T L;

car le foyer des rayons lunaires fe réduisoitdans un espace trois cent six fois plus petit,de façon qu’il équivaloir à peine à un mil-lième de la lumière du soleil. Les autre*lumières sont encore plus fossiles. Unechandelle ì la distance d’un pied & un tiersde Paris, renvoie une lumière onze millesix cent soixante-quatre fois moindre ; &celle-ci , toute mêlée des effluves, fu-meuse & impure , n’est pas capable d’al-térer le thermomètre : au contraire , la pluspetite lumière du soleil suffit pour éclairerun très-grand salon , & colore les corpsbeaucoup mieux que ne pourroient fairemille flambeaux allumés à-la-fois. En éclai-rant tant qu’on peut dans la nuit , on volttoujours peu & mal, les objets qui ne fontpas très-près de l’œil, & même ceux-ci fevoient toujours confusément. II est cepen-dant vrai que les prunelles font pìus élargiespendant la nuit, & on peut inférer de-làcombien la sensation , occasionnée par leslumières nocturnes , est plus fossile. Ainsii! peut très-bien fe trouver une rétine sen-sible aux effets du soleil & non à d’autres.Telle il faut supposer la re'titie de l’Angloisqui n’étoit pas bien sensible , puiqu’elle nevoyoit goutte pendant la nuit. D’ailleurscette diversité n’est pas hors de Tordre na-ture! , puisqu’il arrive naturellement qu’uahomme y voit mieux qu’un autre , & queles oiseaux nocturnes voient très-bien lanuit ce que les hommes ont de la peine àdémêler confusément.

On ne peut pas fixer combien plus effica-cement on peut ressentir la lumière dusoleil. On a de fortes raisons pour soupçon-ner que la différence du jour à la nuit estbeaucoup plus grande qu’il ne paroi t parles calculs. Les mathématiciens ont ap-prouvé , il est vrai, les expériences de 8oli-guer : elles démontrent uniquement que lalumière du soleil est plus dense que celle dela lune; mais il n’en résulte pas que cette lu-mière doive faire une impression d’autantplus forte ; & de ce qu’elle éclaire trois mil-lions de fois plus , il ne s’enfuit pas que lavue en soit d’autant plus claire. Cet illustrephilosophe a trouvé le moyen , en faisantusage de plusieurs verres, d’éparpiller si fortun rayon du soleil , que la lumière , ra-réfiée & affoiblie , ne paroît plus que lu-