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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. i4i

à l’autre corps, soit la même que si les deux corps étoient primiti-vement en repos j il est visible que l’espace décrit par le corps, envertu de sa force primitive, et de celle qui lui est ajoutée, est alorségal à la somme des espaces que chacune d’elles eut fait décrireséparément dans le même temps ; ce qui suppose la force propor-tionnelle à la vitesse.

Réciproquement, si la force est proportionnelle à la vitesse,les mouvemens relatifs d’un système de corps animés de forcesquelconques, sont les mêmes, quel que soit leur mouvement com-mun ; car ce mouvement décomposé en trois autres, parallèles àtrois axes lixes, ne fait qu’accroître d’une même quantité, les vitessespartielles de chaque corps parallèlement à ces axes ; et comme lavitesse relative ne dépend que de la différence de ces vitesses par-tielles; elle est la même, quel que soit le mouvement communà tous les corps. Il est donc impossible alors déjuger du mouve-ment absolu d’un système dont on fait partie, par les apparencesque l’on y observe ; et c’est-là ce qui caractérise cette loi dont l’igno-rance a retardé la connoissance du vrai système du monde, par ladifficulté de concevoir les mouvemens relatifs des projectiles, au-dessus de la surface de la terre emportée par un double mouvementde rotation sur elle-même, et de révolution autour du soleil.

Mais vu l’extrême petitesse des mouvemens les plus considé-rables que nous puissions imprimer aux corps, eu égard au mou-vement qui les emporte avec la terre; il suffit, pour que les appa-rences d’un système de corps, soient indépendantes de la directionde ce mouvement, qu’un petit accroissement dans la force dont laterre est animée, soit tà l’accroissement correspondant de sa vitesse,dans le rapport de ces quantités elles-mêmes. Ainsi, nos expé-riences prouvent seulement la réalité de cette proportion qui, sielle avoit lieu, quelle que fût la vitesse de la terre, donner oit la loide la vitesse proportionnelle à la force. Elle donneroit encore cetteloi, si la fonction de la vitesse, qui exprime la force, n’étoit com-posée que d’un seul terme. Il faudroit donc, si la vitesse n’étoitpas proportionnelle à la force, supposer que dans la nature, lafonction de la vitesse, qui exprime la force, est formée de plusieurstermes, ce qui est peu probable. Il faudroit supposer de plus, que