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suspend , que quand ou le choc de trop delumière, ou le besoin de démêler les ob-jets trop voisins ou trop éclairés, nous ycontraint. Et quand même il seroit vraique la prunelle se rétrécit par habitude,comme par habitude elle se dilate, pourcela même les aveugles devront la tenirtoujours dilatée, par le continuel besoinde voir, & seront ers conséquence dans lecas de faire prévaloir l’habitude de la dila-tation, & jamais celle du rétrécissement,parce qu’ils ne font jamais affectés par letrop de lumière, & jamais dans le cas d’enexclure le .superflu par le rétrécissementde la prunelle.
Pourquoi donc ne peut-on pas dilaterou rétrécir la prunelle quand on veut ?Comment font-ce des mouvemens volon-taires , fl notre volonté ne les dirige pas ?II n’y auroit pas de réponse G cela étoitvrai , mais on fait dé.!a que les organes,accoutumés dès long-tems à se mouvoirdans un sens , ne peuvent plus se mouvoirdans un autre. II faut expliquer & dé-montrer ce que je dis par la raison & parJe fait : mais auparavant fau t-il relever lafoiblesse de 1 objection. On n’a qu’à or-donner à qui que ce soit de ne pas mou-voir les paupières , ou J’a-il pendant Feí-pace d’ur.e heure , on eíìaie l'expérience ,mais on n’y réussit pas, & enfin tôt outard il arrive qu’on remue les paupières :pourra-t-on inférer de-!à que le mouve-ment des yeux soit organique ? Si l’envienous prend de remuer les oreilles, c’esten vain ; ainsi les muscles des oreilles nesont pas des inflrumens d’un mouvementanima!, & on peut dire que le peu depersonnes qui les remuoient, le íaifoientpar une nécessité organique. Le pas & lacourse sont volontaires , mais si malgrécela on ter.cit un homme toujours em-mail’orté depuis son enfance, & que Fayantmis enfin en liberté on lui ordonnât sou-dain démarcher, que feroit-il avec toutesa volonté déterminée ? Les yeux fe meu-vent selon la volonté , mais fi l’on veutles tourner en directions opposées, on nepeut pas y réussir. Les mouvemens deleurs muscles n’en sont pas moins volon-taires. II y a des personnes qu’un chat,«ne araignée mettent en fuite, malgré
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qu’elles sachent que ces animaux ne sontpas nuisibles ; mais elles fuient & ne peu-vent pas faire autrement, par une hor-reur inconnue qui naquit en elles des pre-mières idées mal combinées de Fenfance;elles fuient enfin parce qu’elles veulentfuir & , fuient fans le vouloir , parce quela raison est vaincue par l'horreur. 11 ya donc deux genres de mouvemens ani-maux qu’il ne faut pas confondre , les irré-sistibles & les délibérés ; & deux sortes ausside vouloirs , par habitude & par raison.
Quand j’ai résolu de me promener , &que je commence,’ je ne poursuivrois pasfi je ne voulois â chaque pas lever le pied ;mais malgré cela je ne délibéré point àchaque pas. Un musicien ne tireroit pasd'harmonie de son instrument, fi un conseildevoir chaque fois précéder les mouve-mens rapides de chacun de ses doigts ,qu’il remue en teins déterminés, & placefans y prendre garde fur certains endroitsde son violon. On fait, d’ailleurs , qu’il’y a certains mouvemens que l’on ne faitpas faire au premier coup , & que toutvolontaires qu’ils sont, il faut apprendreà les faire par habitude ; autrement la vo-lonté & l’intention fuffiroient pour fairedans un moment un chanteur ou un dan-seur excellent.
Un exemple de ces mouvemens quel’on ne fait faire qu’exactement dans lesmêmes circonstances qu’on les a toujoursfaits, nous est présenté par les petits mus-cles intérieurs de l’oreille : on croie que’la membrane du tympan est étendue parFaction du petit muscle de la trompe d’Eusi-tache ■, quand cn veut bien entendre defoibles sons languissans , de même qu’onétend & on relâche la peau d’un tambour ,pour le battre plus doucement ou plusfort. II y a c-u même quelqu’un qui aimaginé que cette membrane s’accordoîeanx différens sens en fe mettant à 1 unis-son , & oscillant de même quê les corpssonores, pour transmettre par ce moyenles sons, de l’air extérieur jusqu’aux nerfs,de cet organe , dans les plus internes ca-vités de l’os. Et il parort réellement quequelque chose de semblable doit arriver,parce que l’on peut, si l’on veut , enten-dre ces sons , que l’on n’entendoit pas.