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auparavânt , & quand la membrane estrelâchée on'ne sent que peu ou rien. Onexamina à la suite de cela 1 office des pe-tits muscles qui entourent cette mem-brane , & on crut enfin que ses mouve-mens étoient réellement animaux & spon-tanés. Mais le long & constant usage neles laissant pas mettre en œuvre en d’au-tres cas, ils se rendent inutiles à de nou-veaux mouvemens. 11 est vrai que l’onpeut régler la respiration comme l’on veut,la rendre plus vite , plus lente , & mémela supprimer ; mais il faut se souvenir quel’on apprit des premiers jours de la vie àrespirer différemment en différentes cir-constances, & non pas toujours dans leseul cas de l’oppreffion de la poitrine. Onchante , on parle , on souffle , on suce ,ou sonne , & mille autres choses en mo-dulant , & modifiant la respiration. De-làvient aussi que l’on ne sait pas faire sépa-ré ment certains mouvemens des doigts ensens contraire ; mais on fe sert comme l’onveut des bras & des jambes. Les mouve-mens usités deviennent si nécessaires, qu’onne peut plus les changer quand on le vou-droit. Peu de gens savent tourner enhaut les prunelles fans élever les paupiè-res , ou mouvoir les sourcils différem-ment : on ne fait pas mouvoir non plusles muscles intercostaux d’u.n seul côté dela poitrine , & le diaphragme méme nepeut être abaissé d’un seul côté , malgréqu’un seul nerf frénique , quand il est sti-mule , n’irrite que de son côte ce mus-cle , qui par-là peut être considéré com-me double.
On peut à présent accommoder toutesces raisons à notre matière. Nous noussommes accoutumes à dilater nos pru-nelles , quand la lumière étoit foible ,ou pour bien démêler de petit objets ,& a la rétrécir quand la lumière étoit tropforce. A force de répéter ces mouvemensde 1 en.ance , on les fait dans un instant,mais toujours par volonté , & nous pou-vons les faire mille fois de fuite , quandil nous plaît, pourvu que ce soit dans lescirconstances même par lesquelles nousen avons pris Habitude. On peut dilater,^ j °. n v ? llt > prunelle , p ou vu que l’ons’éloigne de la lumière ; &- on peut la
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rétrécir en s’approchant & regardant deprès. Mais quiconque von droit dilater ouresserrer ses prunelles à fa fantaisie, hors-de ces circonstances , ne pourroit pas yréussir. On ne sa jamais fait dans tout lecours de la vie, ainsi on n’en a pas prisl’habitude ; on ne doit donc pas béton-ner si cela ne réussit pas , comme on neréuísiroit pas non plus à marcher la pre-mière fois , ou à mouvoir les oreilles. Ontourne ainsi les yeux toujours égalementpar l’usage contracté pour mieux voir à sonaise ; que si l’usage le permettoit , onpourroit librement tourner les yeux sépa-rément , comme il arrive aux enfans ;mais de ce que nous sommes habitués àmouvoir les yeux ensemble , il ne s’enfuitpas que la liberté & le pouvoir nous soientôtés de les tourner librement. De ce quedonc la prunelle est déterminée à se mou-voir par des circonstances uniformes &constantes , il ne s’enfuit pas que la dila-tation & son resserrement soient moinslibres & spontanés. On le fait três-aisé-ment par coutume quand on veut , maisc’est une volonté habituelle , ou pourainsi dire , une volonté qui fut libre ;mais pour savoir exercée tant de sois ,nous en avons fait une comparaison né-cessaire & indivisible dans nos besoins.
De même nous ne pouvons pas nouspasser d’être heureux ; mais c’est toujo.ursnous qui voulons le bonheur. Le sage veutla béatitude , mais il est contraint à lavouloir. II y a donc une volonté con-trainte à servir aux besoins qui naissent ennous des objets externes , & qui ne fuitpas notre choix ; on doit prendre garde áne pas confondre cette volonté forcée ,avec les mouvemens qui ne font aucune-ment volontaires. De cette forte font doncles actes habituels ; mais il ne nous est pasdéfendu de faire tente forte d’efforts pourles réprimer. II est ceptridant vrai quel’effort fera inutile ; & si l’on y parvientune fois, il y faut un travail obstiné, &il faut s’essayer mille & mille fois, & Voilàce qui s’appelle vertu , & comment ondevient héros. Dans notre cas des pru-nelles , il n’est venu en idée à personnede les dilater cu rétrécir , si ce n’estpourmieux voir , Lc peut-être ne feroient-elles