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paraît très-raisonnable , une fois que noussommes convaincus que l’iris est remuépar volonté.
Voilà le système que je me suis fait,après plusieurs expériences & observationsque je viens de rapporter ; & comme jeles fis il y a neuf ans à Bologne , j’yeus pour témoins plusieurs des savansde ce pays , & entr'aimes Pillustre &rare femme D. Laure Baslì , dont pourtout éloge il suffit de rapporter le nom.Si quelqu’un vouloir les répéter , il fautauparavant qu’il s’exerce long-tems fur lesprunelles des animaux vivans, & qu’il ap-prenne à distinguer les mouvemens quefait la prunelle , quand elle est frappéepar la lumière, de ceux auxquels _ l’irisest sujet par bien d’autres causes , qui fonten grand nombre & si fréquentes, qu’el-les peuvent quelquefois confondre & em-barrasser l’observateur , au point de luifaire croire que la prunelle s’élargit quandelle est frappée par la lumière.
Comment fe font les mouvemens de l'ìris.
Après avoir fixé & démontré ces véri-tés, il nous reste toujours l’envie de sa-voir par quels reílbrts l’iris fe dilate &:fe rétrécit , suivant les loix que nous ve-nons d’établir. Voilà le point difficile quetoute la science des Physiciens n’a pu sur-monter , de façon que toute espéranceparaît perdue, de bien entendre ce phé-nomène. Ignorance fatale, car si l’on par-venois à savoir cela, il n’y auroit plusrien à desirer fur l’iris.
L’incertitude & l’obscurité qu’il y a surcet article, sont suffisamment démontréespar les étranges & différentes idées quiont partagé tous ceux qui ont entreprisde déchiffrer cette énigme. Les premiersfurent ceux qui eurent recours au moyenfacile de supposer dans l'iris, un muscleen forme d’anneau avec des fibres circu-laires : par le rétrecisièment de ce mus-cle , on expîiquoit le tout fort aisément,ainsi ils commenceront tout de suite à l’yappercevoir. II en survint d’autres plusfuntils qui publièrent alors des choses plusvraisemblables. Ils supposèrent avant toutque la ’umiere irritoit l’iris en la frappantimmédiatement, que les nerfs mis en
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mouvement, resserraient comme autantde nœuds ses canaux , qui en conséquenceremplis d’humeur retenue, fe gonfloient& élargissoient l’iris qui n’est qu’un tissude ces canaux , & qu’alors l’iris déten-dant tout naturellement, son ouverturevenoit à être conséquemment resserrée.Quelqu’un aussi supposa que les fibres del’uvée disposées en forme de rayons parun mouvement musculaire, mais contraire.à tous ceux des muscles connus , élar-gissoient l’iris en Rallongeant dans leuraction. L’illustre Haller enfin, après avoirsoutenu que l’iris se meut quand la rétineest frappée par la lumière, suppose unsoudain concours d’humeurs, produit com-me celui que l’on imagine en certain en-droit du corps des mâles.
Le muscle circulaire vu par Ruisch , &supposé par Winilow , ne se trouve pasmalgré les exactes observations des ana-tomistes ; ainsi il paraît qu’on a imaginéson existence , ne sachant expliquer au-trement le mouvement de l’iris. Ruisch.même n’assure pas toujours de savoir vu,& quelquefois il ne le suppose que parnécessité : Fieras il las orbiculares , nonluculenter confpici pojfe , quin oculi mentisin auxilium jìnt vocati , & ailleurs , fetantìtm circulum eum minorem praditumeffe exijlìmare fibris orbicularibus. ( EpìjhThés. ) Mais réellement ni Morgagni niZinn , avec toute leur exactitude & debons microscopes, n’ont pu rien trouver,& Haller , après avoir plusieurs fois estàyé,le nie formellement. Si l’on ne trouvedonc pas ces fibres circulaires , elles neseront qu’une hypothèse destituée de rai-son. Le fait détruit l’autre opinion desnerfs qui resserrent les canaux , parce quel’iris n’est pas irritable par le choc de lalumière, & les nerfs ne le font par au-cune chose. On ne parlera pas de l’opi-nion de Mery , car elle est absurde Maisquand même elles feraient toutes vrai-semblables , elles tombent toutes égale-ment après ce que nous venons de dire,même celle de la plus grande affluenced’humeur ; car quand la prunelle est ré-trécie , l’iris est dans son état naturel ,dans lequel elle est forcée de rester, carfa structure & son organisation l’exigenj:.