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Tome vingt-neuvième.
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L’iris s’essorce de retourner à son étatnature! , & y revient tout de fuite dèsque la volonté cesse de le tenir resserré.Toutes les parties des animaux en fontautant quand elles s’allongent & s'éten-dent par force. Ainíì donc fe trouve ré-solue la difficulté du resserrement de laprunelle , fans avoir eu besoin de toutce que l’on a jufqu’ici imaginé pour Im-pliquer.

Tout le nœud enfin fe réduit â savoircomment l’iris se rétrécit ; nœud peut-être indissoluble , car l’anatomie ne peutpercer fi avant, & les sens font fi bor-nés à cet égard , qu’à peine y a-t-il lieud’enfanter des hypothèses raisonnables. Onne doit pas passer fous silence les ima-ginations des grands anatomistes, qui cru-rent appercevoir dans l’iris un muscletissu de fibres en forme de rayons, carleurs théories paroissoient exiger une pa-reille explication ; mais il est aussi vraique ce muscle en forme d’étoile a été envain cherché par Morgagni , par Haller,tous les deux fameux anatomistes du sié-cle , & que Zinn & Ferrein n’ont pasmieux réussi dans cette recherche ; & s’ilm’est permis de le dire moi-méme aprèsces grands hommes, je l’ai cherché envain dans les yeux des hommes, des qua-drupèdes , des oiseaux & des poissons, ilne m’a servi de rien de couper & rom-pre en mille sens différens cette mem-brane , & de l’examiner avec des loupestrès-fines, je n’y ai jamais rien trouvéqui parût un muscle, ni aucune de cesmarques qui distinguent de tout le restecette forte de fibre. L’iris m’a toujoursparu un tissu de canaux de nerfs, & detres-subtils filamens cellulaires qui les lient& composent cet anneau mobile ; il estvrai que tout cela ne suffit pas pour lesmer absolument ; mais par-tout où il n’ya pas de preuves contraires, ne pas voirune chose est une raison très-solide pourne a pas croire, & on ne peut pas si>p-poier & imaginer tout ce qui nous ac-commode , arrangeant la nature à notrefantaisie. Mais il y a encore plus : ce quenous venons de dire est un très fort in-dice pour croire qu’il n’y a dans cetteparue aucune forte de muscle. II est dans

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la nature de chaque fibre de se raccour-cir quand elle est irritée; propriété très-générale , étendue jusqu’aux polypes. L’irisfe maintient immobile à toute forte dépicotement , à la lumière la plus vive ,& jusqu’aux étincelles électriques ; elle neremue pas méme losqu’on irrite les yeuxdes animaux vivans ou prêts à mourir.Mais quand même on accorderoit l’exis-tence de ce muscle, il seroit composéde telles fibres , qui dans le rétrécisse-ment deviendroient trente fois plus cour-tes , parce que j’ai vu l’iris rétréci d’au-tant dans les chats tués depuis peu , 8cdans d’autreS animaux ; quand au premiercoup-d’œil il ne paroît pas même qu’il yait d’iris. Merveille improbable & inouie ;car il n’y a pas de muscle qui se rac-courcisse même de la moitié , dans lesanimaux qui ont le sang chaud , & lecpolypes même , si tendres & si gélati-neux , on les a vus se raccourcir quelque-fois douze fois , mais jamais plus.

On ne peut croire non plus que l’i-ris s’étende par un plus grand concoursd’humeurs, qui le fassent gonfler aprèsl’impreffion faite fur la rétine. On a déjaprouvé que cet état de l’iris est son étatnaturel, & n’est pas un changement oc-casionné par cette altération du moment ;il est enfin alors comme il seroit tou-jours , s’il n’étoic jamais besoin de le re-muer ; même si la chose étoit ainsi , ilne seroit pas immobile , étant piqué &percé, comme j’ai plusieurs fois essayé.Toutes les fois qu’on irrite quelque par-tie , on rappelle une plus grande quan-tité d’humeurs à la partie irritée ; lamême chose devroit arriver sur l’iris. Lesinjections les plus fines &: les plus péné-trantes , faites même tout de fuite aprèsla mort de l’animal, ne parviennent ja-mais à étendre l’iris autant qu’il Testquand il fe dilate à la lumière , ou au-tant qu’il s’épanouit dans le sommeil.L’exemple donc du gonflement qui arrivesur certaines parties des mâles , est enquelque façon contraire à cette hypo-thèse du plus grand concours d’humeurs,à l’iris , & toutes ces choses font voirque cette hypothèse n’est ni prouvée, niplausible.