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Après avoir exclu toutes les supposi-tions rapportées jusqu’à présent, il meparoît qu’il ne reste à soupçonner qu’uneseule chose avec quelque apparence deraison. II paroît donc que le changementpar lequel l’iris se rétrécit , doit plutôtêtre une diminution & un écoulementd’humeurs. Dans l’iris naturellement éten-du , l’anatomie trouve des nerfs du tissucellulaire, & des canaux qui sûrement fontremplis de quelque humeur. II y a doncune quantité déterminée de ces humeursdans les canaux , quand l’iris est étendu& qu’il occupe un espace plus grand, &tant que l’iris fe maintient étendu, tou-tes ses parties doivent rester dans le mêmeétat ; une de ses circonstances est l’hu-meur dans ses canaux : or donc , si cettehumeur diminuoit, il viendroit à man-quer une des circonstances de l’état na-turel de l’iris, & la raison de s’y main-tenir plus long-tems ; de la diminution decette humeur , il pourroit donc s’ení’uivrele rétrécissement de l’iris, & en consé-quence la dilatation de la prunelle. Ce-pendant on ne trouve dans l’iris que nerfsdu tissu cellulaire & canaux remplis d’hu-meurs ; & comme des choses invisibles onn’en peut rien dire, il n’y a aucune rai-son pour y imaginer autre chose. Le chan-gement méchanique doit se faire de quel-que façon , mais il ne se fait ni par con-cours d’humeurs, car cette cause le ré-treciroit plutôt que de l’élargir , ni parles fibres musculaires , puisqu’il n’y en apas ; & d’un autre côté, les nerfs, letissu cellulaire & les canaux font des par-ties solides , immuables ; il n’y reste doncque le fluide qui puiíîè s’augmenter, sediminuer , ou subir quelque altération.
Quoi qu’il en soit, il y a toujours unfait constant qui confirme mon soupçon :quand les animaux meurent égorgés, l’irisfe resserre beaucoup. C’est un fait duquelfi l’on peut déduire quelque chose, c’estde supposer que l’humeur se diminue dansl’iris, en proportion de la diminution quis’en fait par-tout ailleurs. Qu’on ne nousoppose pas un argument équivoque , quela chose seroit tout - à - fait à rebours ,parce que y ayant plus grand concoursquand I iris est déployé, ce seroit son
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vrai changement, & l’autre état devroieêtre censé comme naturel & ordinaire.La difficulté se réduit à ce seul point,de savoir de quels noms on doit appellerces deux états différens de l’iris. Maisquand méme on voudroit assigner les vraisnoms de ces deux états , je ne fais paspar quelle raison on devroie appeller vio-lent l’état d’une membrane , quand sescanaux sont pleins d’hmeurs , comme quidiroit qu’un animal est dans son état na-turel quand il est épuisé de sang , parcsqu’alors ses vaisseaux sanguins ne font plusgonflés par le sang. Enfin l’état natureld’une partie me paroît être tel quand lapartie est immobile , de quelque maniéréque ce soit , réimporte; cela peut arri-ver en mille maniérés dissérentes , maistoujours naturelles. II est donc probableque quand l’iris se rétrécit, l’humeur quiremplissoit auparavant ses canaux s’ecoule& diminue. II ne faut pas dire que cettehypothèse soit la même que celle duconcours, en changeant seulement la fa-çon de i’exprimer ; car l’hypothese duconcours suppose une nouvelle humeurqui concoure & s’introduise : celle-ci aucontraire ne suppose que cette quantitéd’humenr qui doit nécessairement y êtrepar la nature de la partie.
11 suffit que ce que je viens de diresoit probable, & qu’il n’y ait aucune preu-ve , aucun fait, qui le détruise. Commentcela arrive exactement, je ne saurois ledire ; & on ne peut exiger autre chosede moi. On sait beaucoup de faits, sû-rement , dans la nature , fans que l’onsache ni le pourquoi ni le comment, &malgré cela ils n’en sont pas moins vrais.On ne doute plus à présent que l’air nesoit un corps grave, & que les corpsn’aient une mutuelle attraction , par la-quelle le ciel & la terre se soutiennent,malgré qu’on ne sache donner aucuneraison de la façon que les vents soufflent,& que la lune agit sur l’Océan. Qui est-ce qui peut dire tant de choses, li notrevue est si foible & si courte ? Que l’ontrouve quelqu’un qui puisse calculer quand& comment la pensée remue les filamensnerveux , quelle est l’élasticité de l’iris ;qu sache exactement dire comment l’iris