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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 157

toujours se déterminer par la loi de la composition des forces,exposée dans le chapitre premier de ce livre ; car 011 peut concevoirla force dont chaque point matériel est animé, appliquée au pointde sa direction, où vont concourir les directions des forces qui ladétruisent, ou qui en se composant avec elle, forment une résul-tante qui, dans le cas de l’équilibre, est anéantie par les pointsfixes du système. Considérons, par exemple, deux points matérielsattachés aux extrémités d’un levier inflexible, et supposons cespoints animés de forces dont les directions soient dans le plan dulevier. En concevant ces forces réunies au point de concours deleurs directions, la résultante qui naît de leur composition, doitpour l’équilibre, passer par le point d’appui qui peut seul la dé-truire; et suivant la loi de la composition des forces, les deuxcomposantes doivent être alors réciproques aux perpendiculairesmenées du point d’appui, sur leurs directions.

Si l’on imagine deux corps pesans attachés aux extrémités d’unlevier rectiligne et inflexible, dont la masse soit supposée infini-ment petite par rapport à celle des corps; on pourra concevoir lesdirections parallèles de la pesan leur, réunies à une distance infinie :dans ce cas, les forces dont chaque corps pesant est animé, ou cequi revient au même, leurs poids doivent pour l’équilibre, êtreréciproques aux perpendiculaires menées du point d’appui, sur lesdirections de ces forces; ces perpendiculaires sont proportionnellesaux bras du levier; ainsi les poids des corps en équilibre, sont réci-proques aux bras du levier, auxquels ils sont attachés.

Un très-petit poids peut donc au moyen du levier et des machinesqui s’y rapportent, faire équilibre à un poids très-considérable, etl’on peut de cette manière, soulever un énorme fardeau, avec unléger effort; mais il faut pour cela, que le bras du levier, auquel lapuissance est appliquée, soit fort long par rapport à celui qui sou -tientle fardeau, et que la puissance parcoure un grand espace, pourélever le fardeau à une petite hauteur. Alors, on perd en temps, ceque l’on gagne en force, et c’est ce qui a lieu généralement dans lesmachines. Mais souvent, on peut disposer du temps à volonté,tandis que l’on ne peut employer qu’une force limitée. Dans d’autrescirconstances où il faut se procurer une grande vitesse, on peut y