i88 R H Y
des sons ou des mouvemens, alors onproduit le rhytbme composé.
Tout le monde sait quel nombre infinide changemens on peut faire par le moyendu rhytbme compose' : il faut remarquercju’en musique on n’est pas obligé de com-poser ce rhytbme de mesures entières, com-me ici f f f | f f P | , mais qu’on peutle former de parties de mesures, comme
r r i r r r i r i , «u r i r r r i ;
c’est-à-dire., que le rhytbme compose' peutcommencer au commencement, au mi-lieu , ou à la fin de la mesure ; mais ilfaut qu’il finisse à la partie de la mesurequi précede celle par où il a commencé ,comme on le voit dans les deux exemplesprécédens.
Enfin on peut former un rhytbme com-pose' deux fois , trois fois, &c. lorsqu’onassemble deux ou trois périodes ; ainsi ,par exemple , deux ou plus de mesuresforment un membre ; deux ou plus demembres forment une période ou unepartie ; & deux de ces périodes ou pat-ries toute la mélodie, qu’on répete tantque l'on veut. Tous les airs de danse sontdans ce goût.
Ce que l’on vient de rapporter peutsuffire pour donner à un lecteur attentifune idée juste de ce qu’est le rhytbme dansla musique ; l’on voit qu’il n’est autrechose que la division périodique d’unefuite de choses semblables ; division parle moyen de laquelle on réunit l’unifor-mité de cette fuite à la variété ; en sortequ’un sentiment continu qui auroit étépar-touthomogène , devient varié & chan-geant par le moyen de la division rhyth-mique ; mais examinons encore de plusprès l’origine & les effets du rhytbme.
Les peuples à demi sauvages observentle rhytbme dans leurs danses , & tout lemonde mêle du rhytbme dans plusieursoccupations ; ce qui prouve qu’il n’est pasl’ouvrage de l’art, qu’il ne résulte pasdu raisonnement , mais qu’il est fondéfur un sentiment naturel. Toute personneobligée de compter avec une certainevitesse, ne comptera pas long-tems d’unemaniéré uniforme & interrompue,commem , deux , trais , quatre , &c. mais elleformera bientôt des membres de deux oi$
R H Y
trois nombres , & comptera un deux Jtrois quatre , &c. un deux trois , quatrecinq six , &c. Si l’on compte assez len-tement pour former chaque membre dedeux nombres , on cherche à rompre latrop grande uniformité en traînant & alon-geant chaque mot, en forte qu’il se di-vise en deux parties,& l'on compte»»...»,deu . .. eux , troi ... ois , &c.
Auífi-tôt que l’oreille est frappée de sonsqui se succèdent en tems égaux , on nepeut s’empêcher de les compter intérieu-rement , & par conséquent de les arrangercomme on vient de le dire. Si nous for-mons nous-mémes ces sons, en frappant,par exemple, nous les arrangerons demaniéré que la variété des coups soulagela fatigue de compter rhythmiquement.Le tonnelier qui cercle un tonneau , lechauderonnier qui frappe un chauderon,cessent bien-tôt de donner des coups égaux& isolés, ainsi , f f J' f f , &c. bien-tôtils les assemblent ainsi, t t/ \ t&c. ou ainsi \ ■> &c ’
& varient la lot ce de trois ou quatrecoups dont ils forment leur mesure , afinque cette division devienne sensible âl’oreille.
II est tout aussi sûr qu’on rendra lesmembres semblables entr’eux , & quandbien même quelqu’un s’aviseroit décomp-ter ainsi £ £ I £ £ 1/ I i il ne manquera pasaprès deux ou trois membres inégaux de re-commencer une nouvelle période sembla-ble â la premiere, comme (j Ç ! f, % f It I t t t I , car sans cette ré-gularité le calcul deviendroit trop fati-guant.
Maintenant qu’une expérience incon-testable nous a montré que toute divisionrhythmique est naturelle & a son principedans le sentiment, examinons fur quoise fonde ce sentiment naturel.
Remarquons que nous ne demandonsaucun rhytbme dans une fuite d’objets,par eux-mêmes ou par leur constitutionnaturelle , ont de la variété, du chan-gement , & entretiennent par-là notreactivité. Nous n’exigeons aucun rhytbmedans un discours qui nous occupe >uniquement par la narration , soit P ar edéveloppement des idées ; nous n’en à