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Tome vingt-neuvième.
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que penchant naturel qu’il ait à la. vertu ,pe peut faire un bon usage de ses biensqu’à quelques égards : il y aura toujours-,par P effet d’un vice inhérent aux nchejjes,une infinité de circonstances ou , commeje Pinfinue plus haut , il s’éloignera del’ordre & de la rectitude morale fans s’enappercevoir , &c où cette déviation deve-nant de jouf en jour plus sensible il s’e-cartera enfin de la sphere étroite de lavertu , emporté successivement malgré luipar mille petites passons, comme par uneespece de force centrifuge , déterminée parce que les anciens appelloient ìmmutabilis(aufarum inter fe coharentium ferles. _

II seroit inutile de dire avec Epicure ,que ce rìefl point la liqueur qui eft corrom-pue , mais le vase : car on ne peut approu-ver la pensée de ce philosophe 3 qu’en con-sidérant les richesses en elles - mémes , &en les séparant intellectuellement des mauxqu’elles entraînent après elles , & j’ai déjadit , pag. 2. que rien n’étoit plus illusoireque cette méthode de philosopher. Eneffet, il s’agit de savoir , si P abus des ri-chesses , de quelque nature que soient leseffets qu’il produit, est inséparable de leurpossession , & si l’on ne peut pas dire ence sens , que les maux qu’elles causent dansíe mondé , font les effets d’un vice quileur est inhérent > puisqu’il est incontesta-ble que ces maux , quels qu’ils soient ,n’existeroient pas fans elles , quoiqu’ellesn’en soient d’aiileurs que causes occasion-nelles , je veux dire , quoiqu’elles aientbesoin pour les produire & pour les déter-miner , de l’intervention d’une cause phy-sique qui est l’ame, ou pour parler plusphilosophiquement , le corps modifié detelle & telle maniéré : or c’est ce que jesoutiens , & ce qu’on ne peut nier, ce mesemble , pour peu qu’on y réfléchisse.

Ajoutez à cela que le sage peut bien ,quant a lui, ne regarder l’or Lc Pargent

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que comme de simples métaux , dont il sesert comme autant d’instrumens qu’il dirigeselon ses vues ; mais dans îe système so-cial , ces métaux , source intarissable demalheurs & de désordres , changent enquelque forte de maniéré d’être. Ce nefont plus alors aux yeux du philosophe ,des substances abfolumentinactives & ina-nimées ; il fait que ces signes représentatifs& conventionnels, ont une espece de viequi leur est propre , & dont le principeprécaire fe trouve dans les relations qu’ilsont avec nos penchans , notre éducation,nos usages, nos loix , nos vices , nos ver-tus , & avec la nature des choses en géné-ral. Or ces rapports font le point de vuefous lequel j'envisage ici les richesses : d’oùje conclus que si l’on peut dire dans tellehypothèse que le vase corrompt la liqueur,on peut assurer plus généralement encore,& avec autant de vérité pour le moins, quela liqueur corrompt le vase. A P égard desmaux infinis qui résultent nécessairementde tout cela pour la société , ils font fiétroitement liés aux causes d’où ils éma-nent , par faction de l’une & la réactionde Pautre , quelquefois même par leurtendance réciproque & co-existence à laproduction des mêmes effets, qu’il seroitassez difficile de mesurer la sphere d’acti-vité de ces deux forces , & de connoîtreleur influence proportionnelle.

II est , ce me semble , évident par ceque je viens de dire , que Pobjection d’E-picure rapportée ci-dessus , est un coupperdu , brutum fulmen. J’en dis autantd’une autre difficulté qu’on pourroit en-core me faire , en m’objectant qu’on a vuplus d’une fois des riches faire un bonusage de leurs biens , & que cela est mêmetres-poffible en foi ; car ce c’est point du-tout ce dont il s’agit ici. A l’égard desPsi'Jpfophes , quand on pourroit en citerplusieurs tels que (m) Séneque , par exem—

: du moine Xiphjjiit

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devant de la corruption des rirlips- m,; , re , ’ &■. ne pistifieroit que trop ce que fai dit ci-à verser le poison sur la vie de cè saze stoicíín^w ?° n ' àix historiens semblent s’être pludestituées de toute espece de vraisemblance enun a" 0 ' 1 ^ ' ""p odleuses , trop visiblement

qu’elles puissent faire encore imnrplsir.r, C, l ’ r " U j rn ? t x \ détruites par des preuves trop fortes, pouv

trahir l a vérité quederenouvelerîl l leíp s n - deS j e £ eurs vicieux & instruits : ce seroit doncvente que de renouveler ici ces accusations fauíìes & injustes, quelque, favorables qu'à