Band 
Tome vingt-neuvième.
Seite
212
JPEG-Download
 

íi % RIC

jmmortazjum statu , anparum

beate degant: qu o d il lis non pradia , ne cborti jint , nec alieno colono rura preciofa,ne c grande in foro fanus.... Si vis [cirequatn nihil in illk ( paupertate ) malifit,compara inter [e pauperum & divitum vttl-tus. S (EPI U S PAUPE R ET FIDELIUSridet : nulla follicìtudo in alto eft : etiamfi qu a incidit cura, velttt nubes levis transit.Jrlorum quifelices vocantur , hilatitas jUtaeft , aut gravis & [uppurata trifthia : &quidtm gravior , quia interdum non Hatpalam effe miferos : jed inter artannas coripfum exedentes , neceffe ejl agere felicem.Senec. de tranquillitate animi , cap. viij.& epift. 82.

3 0 . Que ces commodités font la voie laplus sûre & la plus prompte pour arriverà ce degré de sagesse. & de perfection ,qui est le centre où tendent toutes lesactions de l’homme vertueux.

4 0 . Eníìn qu’une chose peut être diteréellement & absolument utile , quoiqueles avantages qu'on en retire ne puistèntpas à beaucoup près compenser ni par leurimportance , ni par leur nombre , lesdésordres qu’elle cause ; toutes proposi-tions égalementfausses , & qui ne méritentpas d’être réfutées sérieusement.

L’aveu de Séneque n’est donc ici d’au-cun poids, & son autorité ne sert de rienà Baibeyrac , qui auroit dû plutût citer,comme je l’ai fait, les chapitres xxj. &>xij. dans lesquels Séneque fait l’apologiedos richesses d’une maniéré , non pas à lavérité plus solide ( car ogni medaglïa ha ilfuo riverfo ) , mais du-moins plus propreá séduire des lecteurs vulgaires , .& qui nesavent pas qu’avant d’admettre une pensée,une proposiiion , un principe, ou un systè-me , il faut si l'on ne veut pas fe faireillusion , l’envifager par toutes fes faces ,& le mettre à l’épreuve des “objections,faute de quoi on s’expose â prendre à toutmoment l’eireur pour la vérité.

De tout cela je conclus , qu*à tout pren-dre , les richesses font pour les bonnesmœurs un écueil très-dangereux , & celuioù vont f briser le plus souvent toutes lesvertus oui caractérisent l’honnéte homme.J’ai indiqué ( voyez, tes pages práéd. ) enpeu de mots les causes de leurs funestes

RIC

effets , fans prétendre néanmoins en épui-ser la férie ; je n’ai méme envisagé lesrichesses que relativement à leur influencefur les mœurs de quelques particuliers ;mais si mesurant avec précision la plusgrande quantité d’action des richesses furces mêmes individus , considérés commeconstituant un corps politique , je vouloisentrer dans de plus grands détails , &fouiller dans l’histoire des peuples qui ontfait le plus de bruit dans le monde, &qui s’y font le plus distingués à toutesfortes d'égards , je ferois voir que la cor-ruption des mœurs, & tous les désordresqui la suivent, ont toujours été les effetsinévitables & immédiats de l’amour desrichesses , & du désir insatiable d’en acqué-rir ; je n’en donnerai pour exemple queles Lacédémoniens , un des peuples de laterre qui eut fans doute la meilleure po-lice 3 les plus belles & les plus sages insti-tutions , & celui chez lequel la vertu futle plus en honneur , & produisit de plusgrandes choses, tant qu’il conserva les loixde son sublime législateur ; mais laissonsparler Plutarque. « Après que l’amour de», l’or & de l’argent fe fut glisse dans la», ville de Sparte, qu’avec la possession»» des richesses fe trouvèrent l'avarice & lâ»» chicheté , & qu’avec la jouissance s’in*», troduisirent le luxe , la mollesse > J*»» dépense & la volupté , Sparte fe vit>» d’abord déchue de la plupart des gran-», des & belles prééminences qui la diflin-» guoient , & fe trouva indignement ra*», valée & réduite dans un état d’humilia*», tion & de bassesse , qui dura jufqu’au», tems du régné d’Agis & de Léonidas ».Plutarque , vie dd Agìs & de Cle'otnette .Voyez le grec , p. yy5. C. & 797'tom. /. édit. Paris 1624.

II dit un peu plus bas que la difcip‘ ine& les affaires des Lacédémoniens avoientcommencé à être malades & à fecorroffl-'pre , depuis le moment qu’après avoirruiné le gouvernement d’Athènes ,eurent commencé à fe remplir d’or »d’argent.

J’ai suivi au reste la version deDacier»dont la note mérite d’être citée; el-lép° rtfur ces paroles du premier passage : N.,[e vit dftbçrd déchue , &c, « Cela est ^