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Tome vingt-neuvième.
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de la superstition , & une envie déme-surée & peu réstéchie de chercher unecause chimérique à la perfection de laMorale , & le mérite des œuvres : especede fanatisme mal entendu , & qui a sou-vent fait illusion à cet auteur , ainsi qu’àplusieurs autres. Ils n’ont pas vu que laloi & les prophètes se réduisant, com-me notre législateur divin en convient lui-même , à la pratique de cette maximesublime & fondamentale de la. religion

RIC

naturelle , & de la morale payennô , tonsce que vous voulez, que l'on vous faffe ,saites-le aufjî aux autres. II s’ensuit qu’onpeut, en suivant cette réglé invariable desactions humaines » s’acquitter de ses prin-cipaux devoirs (q) , tant à l’égard deson être considéré individuellement, qu’en-visagé dans ses relations externes , fansqu’il soit besoin pour cela , d’un secoursétranger à la nature qui, loin d’ëtre éter-nel & universel ( comme beaucoup de gens

du-moins ici l’imputation ne pouvoit être plus mal fondée ; car il est évident que le raisonnement deLavis bien examiné , se réduit à ceci : avant que t Evangile eut donné aux hommes certains précepteshypothétiques & conditionnels fur Vusage quil faut faire des richesses , il y avoit eu des philosophes quiiloient entrés dans les vues des Apôtres , & qui avoient pratiqués leurs maximes. Or il n’y a pas un seulmot dans cette proposition qui puisse donner lieu de soupçonner ce que Barbeyrac insinue maligne-ment , & je ne vois pas ce que cet habile homme a pu y trouver de repréhensible.

A l’égard du second point sur lequel s’arrête fa critique, quoiqu’elle soit en apparence plus solide,êc plus capable d éblouir ceux qui n’approfondissent rien, elle n’est pas au fond moins fausse, nimoins sophistique.

Si l’on en croît cet auteur , « il y avoit dans la conduite de ces anciens philosophes plus d’ostenta-» tion & de désintéressement mal entendu que de véritable sagesse ». Plus d’ostentation ; qu’en sait-il?& sur quoi sonde-t-il une assertion aussi téméraire , aussi contraire à la charité évangélique , & aussiinjurieuse à la mémoire de ces grands hommes ? A -1 - il lu dans leur ame les motifs qui les ontdéterminés à agir ? Ne pouvoient-ils pas être bons & honnêtes ? & quelle preuve a-t-il, & petit-il donner qu’ils ne l’étoient pas? “ L équité, dit très-judicieuí'em ent Bayle, veut que l’on juge de» son prochain fur ce qu’il fait & fur ce qu’il dit, ôt non pas fur les intentions cachées que l’on s’i-» naagine qu’il a. 11 faut laisser à Dieu le jugement de ce qui se passe dans les abîmes du cœur. DieuJ) seul est le scrutateur des relus & des cœurs ». Difl. crit. art. Epicure , rem. g.

II me suffit ici de donner & Barbeyrac cette grande & utile leçon dont il reconnoît ailleurs l’ex-cellence. Si on veut le voir s’enferrer de fa propre épée, Sl prononcer lui-même fa condamnationen termes clairs & formels , on peut lire un paflage de son traité du ieu , tom. I. p. y6. & fuiv. troplong pour pouvoir être inséré ici. Outre qu’il renferme une morale saine & pure , & qu’on ne íau-roit rappelfer trop souvent aux hommes à cause de l’importance & de futilité dont elle est dans lecours de la vie, il est d’autant plus remarquable que , fans le savoir, ou du-moins fans paroitre lefaire à dessein , Barbeyrac s’y réfuté lui-même avec autant de force , d’exactitude & dc précision,qu’auroit pû le faire le censeur le plus severe, le plus éclairé, le plus éloquent, & cn même tems leplus doué de cette sagacité si rare qui sait découvrir d’un coup-d’oeil le fort &. le fossile d’un systèmeou dune proposition. C’est à ceux qui voudront lire ce passage avec attention à juger si, d’aprèslesprincipes que cet auteur y établit touchant les jugemens qu’il faut porter des actions du prochain , ilétoit en droit d’en conclurre aussi affirmativement, qu’en se dépouillant de leurs biens, Anaxagore& Démocrite n’avoient agi que par ofientation.

Mais en voilà assez fur cette matière : examinons la fuite du raisonnement de ce fier censeur, &faisons voir au lecteur impartial, qu’il n’est pas meilleur logicien que juge équitable.

II assure qu’il y avoit dans la conduite de ces anciens philosophes plus d’ofientation & de désintéres-sement mal entendu que de véritable sagesse. Certes l’accusation est assez grave pour devoir être prouveeavec cette évidence qui ne laisse aucune espece de doute dans l’esprit du lecteur. Voyons donc u3a preuve qu’il en donne est de nature à produire ce degré de conviction. C’est, dit-il , qu on peutfaire un bon usage des richesses : pour faire sentir tout le ridicule & la fausseté de cette logique, il nefaut que retourner l’argument en cette forme : puisqu on peut faire un bon usage des richesses, & quun est nullement nécessaire de s’cn dépouiller pour . . . &c. donc il y avoit plus d’ostentation & de définie-rejsement mal entendu que de véritable sagesse dans la conduite d.'Anaxagore & de Démocrite. Or je de-mande s’il est possible de faire un raisonnement plus absurde & plus diamétralement opposé au botlsens le plus simple. N’est-il pas évident que quoiqu’d soit possible d’uíer sagement & modérémentdes biens de la fortune, on peut cependant s’en dépouiller entièrement , fans que pour cela il y a, jjdans cette conduite plus d’ostentation & de désintéressement mal entendu, que de véritablesagelle»car on peut avoir de fortes raisons d’en agir ainsi, & ces motifs par lesquels on se détermine a 1®rendre à ces raisons peuvent être très-louables. C’est ce que j’ai prouvé, ce me semble, invincible"*ment dans le cours de cet article. Voyef pages premieres , &c.

(§ ) Si je ne parle pas ici du premier commandement de La première table, ni de celui que nc m-