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Tome vingt-neuvième.
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a été foui, c!e maniéré qu’il soit de ni-veau , & qu e l’eau puisse s’y soutenir par-tout à la même hauteur.

La terre étant ainsi préparée , on y faitcouler un pie , ou un demi-pié d’eau par-dessus , dès !e commencement du moisd’Avril ; après quoi on y jette le riz de lamaniéré suivante. 11 faut que les grains enaient été conservés dans leur balle ou en-veloppe, & qu’ils aient trempé aupara-vant trois ou quatre jours dans l’eau , oùon les tient dans un sac jusqu’à ce qu’ilssoient gonflés, & qu’ils commencent àgermer. Un homme , piés nus, jette cesgrains fur les planches inondées d’eau , ensuivant des alignemens à-peu-près sem-blables à ceux qu’on observe dans les sil-lons en semant le blé. Le riz, ainsi gonflé ,& toujours plus pesant que l’eau , s’y pré-cipite , s’attache à la terre , & s’y en-fonce même plus ou moins , selon qu’elleest plus ou moins délayée. Dans Je royau-me de Valence, c’est un homme à chevalqui ensemence le

On doit toujours entretenir l’eaia dansles champs ensemencés jusques vers lami-mai, où l’on a soin de la taire écouler.Cette condition est regardée comme indis-pensable pour donner au riz l’accroiste-ment nécessaire , & pour le faire pous-ser avantageusement.

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Au commencement du mois de Juin ,on amene une seconde fois l’eau dans lesrizières, & l’on a coutume de l’en retirervers la fin du même mois, pour sarclerles mauvaises herbes, fur-tout la prêle& une espece de souche t, qui naissentordinairement parmi le riz , & qui l’em-pêchent de profiter.

Enfin on lui donne l’eau une troisièmefois, savoir vers la mi-Juillet, & il n’endoit plus manquer jusqu’à ce qu’il soit enbouquet , c’est-à-dyre jusqu’au mois deSeptembre. On fait alors écouler l’eau pourla derniere fois, & ce dessèchement sertà faire agir le soleil d’une façoiv plus im-médiate fur tous les socs que l’eau a portésavec elle dans les rizières ; à faire grai-ner le riz , & à le couper enfin commo-dément , ce qui arrive vers la mi-Octobretems auquel le grain a acquis tout soncomplément.

On coupe ordinairement le ms avec lafaucille à scier le blé , ou , comme on lepratique en Catalogne,avec une faux dontle tranchant est découpé en dents de soiefort déliés. On met le riz en gerbes ; onle fait sécher , & après qu’il est sec , onle porte au moulin pour le dépouiller defa balle. ( a )

Ces sortes de moulins ressemblent assezà ceux de poudre à canon , excepté que la

(á) Le rit doit être choisi nouveau, bien mondé, gras, blanc , bien net, ne sentant ni la pou-dre , ni le rance. II n’y a guere que le rit de Piémont qui ait toutes ces qualités, le rit d’Espagne étantordinairement rougeâtre .& d’un goût salé.

Les Chinois font un vin de rit tirant fur la couleur d’ambre , & d’un goût de vin d’Espagne ,dont ils se servent pour boisson ordinaire. En quelques lieux d’Europe on en tire aussi une eau-de-vietrès-forte ; mais elle est défendue en France , aussi-bien que les eaux-de-vie de grains & de mélasse.

Le rit dans les Indes orientales est d’un très-grand commerce ; on y en cultive beaucoup , tantparce que la qualité de la terre y est propre , & celle de ton climat , que parce que les rivières yfont nombreuses &. abondantes , & par conséquent commodes pour en tirer de l’eau , avec laquelleon inonde les champs de rit appellés rv(ures , qui en font à portée ; car le plus souvent la plante derit ne peut bien croître que dans l’eau. Le Malabar , l’î le de Ceylan & celle de Java, sont les lieuxqui en donnent du meilleur. La presqu’île de Malacca & le royaume de Siam en donnent aussi beau-coup de bon. Ce grain fait la principale nourriture de tous les Indiens ; on l’y mange au lieu de pain,& >1 n’y a point de grain au monde qui engraisse autant que celui-là. Les femmes Européennes quihabitent depuis long-tems à Batavia, après qu’elles y ont été accoutumées, le préfèrent au pain,quoique celui-ci y soit a aussi bon marché qu’en aucun endroit de l’Europe. ■

Enfin le ri t sert beaucoup à y nourrir les équipages des vaisseaux marchands, tant des compagniesde l’Europe que des autres particuliers, & cette nourriture est beaucoup plus faine fur mer, que lepain ou le biscuit. On ne voit ]amais de scorbut sur les flottes qui retournent des Indes, & qui n’ontalors que du rì\ ; au lieu que les vaisseaux qui y vont ne manquent jamais , plus ou moins, d’e»avoir avec le biscuit dont ils sont pourvus.

Le ris des Indes est beaucoup meilleur que celui d’Europe.

Tome XXIX.

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