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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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DU SYSTÈME DU MONDE. 167

De-là il est aisé de conclure que la somme des produits de chaquemasse, par le quarré de sa vitesse, est la même avant et après lechoc des deux points ; ce qui a lieu généralement dans le choc d’unnombre quelconque de corps parfaitement élastiques, de quelquemanière qu’ils agissent les uns sur les autres.

Le choc de deux points matériels , est purement idéal ; mais ilest facile d’y ramener celui de deux corps quelconques, en obser-vant que si ces corps se choquent suivant une droite passant parleurs centres de gravité, et perpendiculaire à leurs surfaces de con-tact, ils agissent l’un sur l’autre, comme si leurs masses étoientréunies à ces centres; le mouvement se communique donc alorsentr’eux , comme entre deux points matériels dont les massesseroient respectivement égales à ces corps.

Telles sont les loix de la communication du mouvement, loixque l’expérience confirme, et qui dérivent mathématiquement desdeux loix fondamentales du mouvement, que nous avons exposéesdans le chapitre second de ce livre. Plusieurs philosophes ontessayé de les déterminer par la considération des causes finales.Descartes persuadé que la quantité de mouvement devoit se con-server toujours la même dans l’univers, a déduit de celte faussehypothèse, de fausses loix de la communication du mouvement,qui sont un exemple des erreurs auxquelles on s’expose en cher-chant à deviner les loix de la nature, par les vues qu’on lui suppose.

Lorsqu’un corps reçoit une impulsion suivant une direction quipasse par son centre de gravité ; toutes ses parties se meuvent avecune égale vitesse. Si cette direction passe à côté de ce point; lesdiverses parties du corps ont des vitesses inégales , et de cette iné-galité de vitesses, il résulte un mouvement de rotation du corpsautour de son centre de gravité, en même temps que ce centre esttransporté avec la vitesse qu’il auroit prise, si la direction de l’im-pulsion eut passé par ce point. Ce cas est celui de la terre et desplanètes. Ainsi, pour expliquer le double mouvement de rotationet de translation de la terre; il suffit de supposer qu’elle a reçu pri-mitivement une impulsion dont la direction a passé à une petitedistance de son centre de gravité, distance qui, dans l’hypothèsede l’homogénéité de cette planète, est à-peu-près, la cent soixantième