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Tome vingt-neuvième.
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châtie, tirant sur celle de la corne. Cetarbre croît en abondance dans la nouvelleEspagne & dans le Brésil.

• Les sauvages de l’Amérique le cultiventmême avec grand foin , à cause des utili-tés qu’ils en retirent. IÍ sert à orner leurjardin , & le devant de leurs cases ou ha-bitations. Ils emploient son écorce pourfaire des cordages ; ils mettent de sesfeuilles tendres dans leurs fausses , pourleur donner du goût & leur communiquerune couleur de safran. Ils tirent une cou-leur rouge d. s graines qu’ils délayent dansl’huile de carapa, & s’en peignent le corpsou le visage, fur-tout dans les jours deréjouissance.

Les Européens qui habitent le Brésil &les îles Ar,tries font par ait de la mêmegraine une pâte qui est d’u sage en teintu-re , & qu’on nomme pareillement rocou.Voyez, ROCOU , Teinture. {D. J.)

Rocou , ou Roucou , ou Rocourt,( Tûnt. ) pâte seche ou extrait qu’on atiré , soit par infusion , soit par macéra-tion des graines contenues dans la goussede l’arbre, nommé pareillement rocou , &qu’on a décrit dans l’article qui précede.La pâte seche dont nous parlons vient d’A-mérique, & est une des couleurs que four-nit le petit teint. ,

On connoxt que la gousse qui donne lagraine est mûre , lorsqu’elle s’ouvre d’elle-même fur l’arbre ; alors on la cueille, &l’on en prépare la pâte ou l’extrait en pi-lant les grains des gousses avec tout eequi les environne ; on les fait dissoudredans seau , & on coule cette liqueur parun crible ; ensuite on la verse dans deschaudières, on la fait bouillir ; elle jetteune écume qu’on recueille soigneusement,& qu’on met dans une autre chaudièrepour y être réduite fur le feu en consis-tance & en pâte, dont on fait des painstels que nous les recevons en Europe.Mais il est à propos d’indiquer en détailtoute cette opération ; je Remprunteraidu P. La'bat qui nous l’a donnée fort exac-tement dans son voyage d’Amérique,

Mais il est à. propos d’índíquer la ma-niéré dont on cultive & dont on fait lerocou auxîles Antilles françoises. Jç tirerai

ROC

cette maniéré des voyages du P. Labaf *imprimée en 172.Z.

Le rocou , dit-il, peut se planter de-puis le mois dë Janvier jusqu’à la fin deMai ; mais soit que le plantage s’en lassetard ou de bonne heure , l’arbre n’enproduit pas plutôt. II se plante à la ma-niéré des pois ou du mil, c’est-à-dire qu’a-prês avoir bien nettoyé la terre , on y faitde petits trous avec la houe , dans les-quelles on jette deux ou trois graines auplus. La distance ordinaire qui suffit pontchaque plan est de quatre piés en quarré :à l’égard de la culture , elle se fait com-me aux autres arbres, à l’exception quequand il s’éleve trop haut , on le châtrepour l’épaiffir , & pour l’entretenir enbuisson.

La récolte du rocou se fait deux foisTannée , savoir à la S. Jean & à Noël.On le distingue comme en deux especes ;Tun qu’on nomme rocou verd , & T autrerocou sec. Le premier est le rocou qu’oncueille aussi-tôt que quelque colle d’unegrappe commence à sécher & à s’ouvrir ;le second est celui où dans chaque grappeil se trouve plus de cosses seches que devertes. Ce dernier peut se garder sixmois ; l’autre ne peut guere durer quequinze jours ; mais il rend un fiers plusque le rocou sec, & le rocou qu’il produitest plus beau.

Le rocou sec s’écale en le battant, aprèssavoir exposé au soleil & savoir remuéquelque tems ; à l’égard d u rocou verd ,il ne faut pour l’écaler que rompre la cossed u côté de la queue , & le tirer en-basavec la peau qui environne les graines,fans s’embarrasser de cette peau.

Après que les graines font écalées, onles met successivement dans divers canotsde bois laits tout d’une pie ce , qui ontdifférens noms, suivant leurs différensusages.

Le premier canot s’appese canot detrempe ; le second , canot de plie ; le troi-sième , canot à rejfuer ; le quatrième,canot a seau ; & enfin le cinquième ,canot a laver. II y en a aussi un sixièmequ’on appelle canot de garde , mais quin’est pas toujours nécessaire ; un autrequi se nomme canot de passe , & un hui-