R O D
E?àiïtre faction , composée des Calvinistes& des Luthériens , soutenoit les maisonsde Brandebourg & de Neubourg , & avoirì fa tète Frédéric IV qui avoir pour ad-joints le duc de Wirtemberg , le land-grave de Hesse-Cassel, le margrave d’Anf-pach , celui de Dourlach , le prince d’An-halc. Plusieurs villes impériales entrerentdans cette ligue qui , pour mot de rallie-ment , prit le nom d 'union évangélique.Cette guerre , purement profane, s’an-nonçoit comme une guerre sacrée. LesCatholiques mirent dans leur parti lepape Paul V & Philippe III , roi d’Es-pagne. L’union évangélique mit dans lesien Henri IV , qui probablement l’eûtrendu victorieux , s’il n’eíit été prévenupar un assassinat. Le pape & le roi -d’Ef-pagne , dit un moderne , ne donnoientque leur nom , & Henri IV alloit marcheren Allemagne avec une armée, disciplinée&-victorieuse avec laquelle il avoit déjadétruit une ligue catholique. L’empereur,qui voyoit que les esprits s’aigrissoient con-tre lui de ce qu’il s’efforçoit de taire passerdans fa maison des biens fur lesquels ellen’avoit aucun droit , crut pouvoir les ra-mener, .en a.singeant Cleves & Júliers àl’électeur de Saxe , à cette condition rai-sonnable qu’il jusiifieroit de ses droits. Lesesprits étoient trop aigris ; il y avoit tropd'intérêts à concilier , pour que cet acted’équité pût rétablir la paix. La ligue ca-tholique ; qui redoutoit les armes fran-cises,fit des démarches infructueuses pourpriver l’union évang'lique d’un auísi puis-sant secours. La Châtre partit avec unearmée, & força le duc LéopolJ de sortirde lui ers. Ce duc se relira en Bohèmeou ses troupes y , mal disciplinées & plusmal payées , commirent de très - grandsdésordres. L’empereur ayant térmvgnébeaucoup d’amitié pour Léopold , Mat-thiasen conçut de vives inquiétudes, &fa jalousie fut un surcroît de chagrin pourRódolphe , dont les états étoient en proieaux feux des guerres civiles. Matthiaséclata d’abord en murmures. Ayant misensuite dans son parti les états de Bohême , il força l'empii eur de lui en assurerla couronne : il n en eut cepen.lant queles droits honorisiqu.es. Les revenus da.
R O D z 09,
domaine resterent â Rodolphe qui se con-sola , dans le sein de la philosophie , des ■peines inséparables du trône , & des pro-cédés violons d’un frère ambitieux. IImourut l’an 1611 , dans la soixantièmeannée de son âge , la trente-sixieme de sonrégné comme empereur , la trente-huitie-me depuis son couronnement en Hongrie,
& la trente-septieme depuis qu’il étoit furle trône de Bohême. Rodolphe eut pourle mariage une espece d’averlion que rien *ne sut vaincre. Ses courtisans lui propo-sèrent plusieurs partis considérables, en-tr’autres , Isabelle, infante d’Espagne ,
& Marie de Médicis , fille de l’archiducCharles. Le nom de ce prince ne peuf"figurer avec celui-des héros ; mais il fera-toújours compté au nombre des biensai- -teurs de l’humanité. Heureux le siecle oùceux-ci obtiendront la préférence , &recevront , fans contradiction , le justetribut d’éloges que trop souvent on leurrefuse 1 Né avec des passions calmes , Rv-dolphe II étoit généreux & affable ; qua-lités qui fe trouvent rarement séparées , .parce que l’une est presque toujours lerésultat de l’autre. Ami zélé de toutes lesvertus, il les accueillit dans tous les rangs. -<Rémunérateur éclairé des talens & des >productions du génie , il veilla sans cestepour étendre la sphere de nos connois-sances , & perfectionner les arts, fur-tout rles arts utiles. U descendoit souvent deson trône pour entrer dans le cabinet dessavans , & s’entretenír familièrement aveceux. On ne peut lire fans plaisir fa réponseà son srere Matthias qui lui reprochoitcette grande liberté qu’il accordoit auxsavans. “ Notre naiflànce & notre rang ,
»> Iuidit-il , nous élèvent au-dessusd’eux ;
*» mais souvent ils nous prouvent qu’ils>3 valent mieux que nous : c’est un bon->3 sieur que nos foiblesses nous en rap-ts piochent Hf nous fassent sentir que33 nous sommes hommes comme eux « 3 . •( M— y. ).
ROOOSrOJ-, ou RODOSTA , <«RODES TO , ( G/og'.an ) ville de laTurquie européenne , dans la Romaine .fur la côte de la mer de Marmora , au fond 1d’un petire golfe de même nom, à 6 lieues ♦au sud-ousst d’Héraclée , & à 24de Corss-