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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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DU SYSTEME DU MONDE 171se seroient disposées sur cette surface tranquille, en sorte quon lesdistingue parfaitement dans leur mélange. Ce que lœil apperçoitrelativement aux ondes, loreille le sent par rapport aux sons ouaux vibrations de lair , qui se propagent simultanément sanssaltérer, et font des impressions très-distinctes.

Le principe de la coexistence des oscillations simples , que londoit à Daniel Bernoulli, est un de ces résultats généraux qui inté-ressent par la facilité quils donnent à limagination , de se repré'senter les phénomènes et leurs cliangemens successifs. On peutaisément le déduire de la théorie analytique des petites oscillationsdun système. Elles dépendent déquations différentielles linéairesdont les intégrales complètes sont la somme des intégrales particu-lières. Ainsi, les oscillations simples se superposent les unes auxautres, pour former le mouvement du système; comme les inté-grales particulières qui les représentent, sajoutent ensemble pourformer les intégrales complètes. Il est intéressant de suivre ainsidans les phénomènes de la nature , les vérités intellectuelles delanalyse. Cette correspondance dont le système du monde nousoffrira de nombreux exemples , fait lun des plus grands charmesattachés aux spéculations mathématiques.

Il est naturel de ramener à un principe général, les loix dumouvement des corps ; comme on a renfermé dans le seul principedes vitesses virtuelles , les loix de leur équilibre. Pour y parvenir,considérons le mouvement dun système de corps agissans les unssur les autres, sans être sollicités par des forces accélératrices.Leurs vitesses changent à chaque instant ; mais on peut concevoirchacune de ces vitesses à un instant quelconque, comme étantcomposée de celle qui a lieu dans linstant suivant, et dune autrevitesse qui doit être détruite au commencement de ce second instant.Si cette vitesse détruite étoit connue, il seroit facile par la loi dela décomposition des forces, den conclure la vitesse des corps ausecond instant ; or, il est clair que si les corps neussent été animésque des vitesses détruites , ils se seroient fait mutuellement équi-libre : ainsi, les loix de léquilibre donneront les rapports desvitesses perdues , et il sera facile den conclure les vitesses restanteset leurs directions ; ou aura donc par lanalyse infinitésimale, les

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