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Tome vingt-neuvième.
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en Europe & en Asie , absorbèrent peuâ peu les richesses des Romains ; & com-me ils s’étoient aggrandis , parce que l’or& l’argent de tous les rois croient portéschez eux, ils s’affoiblirent, parce que leuror & leur argent fut po té chez les autres.« Vous voulez des richesses, disoit Ju-», lien à son armée qui murmuroit, voi’à„ le pays des Perses , allons en chercher.», Croyez-moi, de tant de trésors que», possédoit la république romaine , il ne„ reste plus rien ; & le mal vient de ceux», qui ont appris aux princes à acheter la», paix des Barbares. Nos finances font», épuisées, nos villes font détruites , nos„ provinces ruinées. Un empereur qui ne», connoît d’aucres biens que ceux de l’ame,», n’a pas honte d’avouer une pauvreté», honnête ».

De plus, lesKoMÊrperdirent touteleurdii pline militaire ; ils abandonnèrentjuíqu’à leurs propres armes. Végece ditque les soldats les trouvant trop pesan-tes , il obtinrent de l’empereur Gratiende quitter leur cuirasse , & ensuite leurcasque ; de façon qu’exposés aux coupsfans défense , ils ne songèrent plus qu’àfuir. II ajoute qu’ils avoient perdu la cou-tume de fortifier leur camp , & que ,par cette négligence , leurs armées furentenlevées par la cavalerie des Barbares.

C’étoit une réglé inviolable des premiersRomains , que quiconque avoir abandonnéson poste ou laissé ses armes dans le com-bat , étoit puni de mort; Julien & Va-lentinien avoient à cet égard rétabli les an-ciennes peines. Mais les Barbares pris à lasolde des Romains , accoutumés à faire laguerre , comme la font aujourd’hui lesTartares , à fuir pour combattre encore ,à chercher le pillage plus que l’honneur ,croient incapables d’une pareille disci-pline.

Telle étoit celle des premiers Romains ,qu’on y avoir vu des généraux condamnerleurs entans à mourir pour avoir , fansleur ordre , gagné la victoire : mais quandils furent mêlés parmi les Barbares , ilsy contractèrent un esprit d indépendancequi faisoit le caractère de ces nations ;& si l’on lit les guerres de Bélisaire«ontre les,Goths, on verra un général

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presque toujours désobéi par ses officiers.

Dans cette position , Attila parut dansle monde pour soumettre tous- les peuplesdu nord. Ce prince dans fa maison debois, où nous le représente Priscus, sefit connoître pour un des grands monar-ques dont l’hiíìoire ait jamais parlé. IIétoit maître de toutes les nations barbares,& en quelque façon de presque toutes cel-les qui étoient policées. II s’étendit de-puis le Danube jusqu’au Rhein , détruisittous les forts & tous les ouvrages qu’onavoit faits fur ces fleuves , & rendit lesdeux empires tributaires. On voyoit à facour les ambassadeurs des empereurs quivenoient recevoir ses loix , ou implorer faclémence. II avoit mis fur l’empire d’o-rient un tribut de deux mille cent livresd’or. II envoyoit à Constantinople ceuxqu’il vouloit récompenser , afin qu’on lescomblât de biens , faisant un trafic con-tinuel de la frayeur des Romains. II étoitcraint de ses sujets ; & il ne paroît pasqu’il en fût haï- Fidellement servi des roismêmes qui étoient fous fa dépendance , ilgarda pour lui seul l’ancienne simplicité desmœurs des Huns.

Après fa mort, toutes les nations bar-bares fe rediviserent ; mais les Romainsétoient si foibles , qu’il n’y avoit pas de sipetit peuple qui ne pût leur nuire. Ce nefut pas une certaine invasion qui perditl’empire ; ce furent toutes les invasions.Depuis celle qui fut si générale fous Gallus,il sembla rétabli, parce qu’il n’avoit pointperdu de terrein ; mais il alla de dégrésen dégrés , de la décadence à fa chute ,jusqu’à ce qu’il s’assaissa tout-à-coup fousArcadius & Honorius.

En vain on auroit rechassé les Barbaresdans leur pays , ils y seroient tout demême rentrés, pour mettre en sûreté leurbutin. En vain on les extermina , les villesn’étoient pas moins saccagées , les villagesbrûles , le familles tuées ou dispersées.Lorsqu’une province avoit été ravagée ,les Barbares qui succédoient, n’y trouvantplus rien , dévoient passer à une autre.On ne ravagea au commencement que laThrace , la Mysie , la Pannonie. Quandces pays furent dévastés-, on ruina laMacédoine , la Thessa’ie , la Grecs \