z^6 ROM
de-là il fallut aller aux Noriques. L’em-pire , c’est-à-dire le pays habité , se ré-trécissoit toujours , & PItalie devenoitfrontière.
L’empire d’occident fut le premierabattu , & Honorius fut obligé de s’enfuirà Ravennes. Théodoric s’empara de PIta-lie , qu’Alaric avoit déjà ravagée. Romes’étoit aggrandie , parce qu’elle n’avoit euque des guerres successives , chaque na-tion , par un bonheur inconcevable , nePattaquant que quand l’autre avoit étéruinée. Rome fut détruite , parce quetoutes les nations l’attaquerent à la fois ,& pénétrèrent par-tout.
L’c-mpiie d’orient ( dont on peut voirParticle au mot ORIENT ) , après avoiressuyé toutes sortes de tempêtes, fut ré-duit fous ces derniers empereurs , auxfauxbourgs de Constantinople , & finitcomme le Rhin , qui n’est plus qu’u nruisseau lorfqu’ilfe perd dans l’Océan.
Je n’ajoute qu’une feule, mais admi-rable réflexion , qu’on doit encore à M.de Montesquieu. Ce n’est pas, dit il , lafortune qui domine le monde ; on peut ledemander aux Romains qui eurent unefuite continuelle de prospérités , quand ilsfe gouvernèrent fur un certain plan , &une fuite non interrompue de revers, lotf-qu’ils fe conduisirent fur un autre. II y ades cause? générales, soit morales , soitphysiques , qui agissent dans chaque mo-narchie , l’élevent, la maintiennent ou laprécipitent ; tous les accidens font soumisà ces causes ; & si le hasard d’une batail-le , c’est-à-dire une cause particulière ,a ruiné un état » il y avoit une cause gé-nérale qui faisoit que cet état devoit périrpar une feule bataille. En un mot ,, Pallureprincipale entraîne avec elle tous les acci-dens particuliers. (Le Chevalier X)S J A u-COVRT. )
Rom AINS, Discipline des , ( Art.milit. ) La discipline militaire consistoicprincipalement dans les services, les exer-cices & les loix. Les services étoient dif-ferens devoirs dont il falloir s’acquitter ,comme des gardes & des sentinelles pen-dant la nuit. Dès qu’on étoit campé , lestribuns nommoient deux soldats princi-pt j qu baflati , pour avoir foin de faire
ROM
tenir propre la rue appellée principia , &ils en tiroient trois autres de chacune descompagnies , pour faire dresser les tentes*fournir de Peau , du bois, des vivres , &.autres choses de cette nature.
II paroit que les tribuns avoient deuxcorps-de-garde de quatre hommes chacun,soit pour honorer leur dignité , soit pourleur commodité particulière. Le questeur& les lieutenans-généraux avoient aussi lesleurs. Pendant que les chevaliers étoiencde garde , les triariens les servoient, &avoient soin de leurs chevaux. Saluste nousapprend que tous les jours une compagnied’infanterie, & une de cavalerie, fai-soient la garde près de la tente du généra! ;c’étoit la même chose pour les alliés. II yavoit â chaque porte une cohorte & unecompagnie de cavalerie qui faisoit la garde ;on la relevoit vers midi scion !a réglé éta-blie par Paul Emile.
Le second service militaire étoit donc defaire la garde durant la nuit. II y avoitcomme parmi nous , la sentinelle, la ronde& le mot du guet , fessera. Sur .dix com-pagnies , on choisissoit tour-à-tour unsoldat, appellé pour cet effet tefferarius *qui vers le coucher du soleil , se rendoiechez le tribun , qui étoit de jour , & re-cevoir de lui une petite tablette de bois *t ùpar l’oidre du général étoient écrits unou plusieurs mots ; par exemple , à la ba-taille de Philippe , César & Antoine don-nèrent le nom d’Apollon pour mot du:guet. On écrivoit encore sur ces mêmestablettes quelques ordres pour l’armée..Celui qui avoit reçu le mot du guet, après,avoir rejoint fa compagnie , le donnoir,en présence de témoins, au capitaine de lacompagnie suivante. Celui-ci le donnoit àl’autre , & toujours de même , en fortequ’avant lo-coucher du soleil toutes ces ta-blettes étoient apportées au tribun , lequelpar une inscription particulière qui mar-quoit tous les corps, de l’armée * commeles piquiers , les Princes , &c. pouvoientcosnoitre celui qui n’avoit point rapportéfa tablette : fa faute ne pouvoit être niée *parce qu’on entendoit fur cela des té-moins..
Toutes les sentinelles étoient de quatrer.soldats., comme les corps - de - garde *