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Tome vingt-neuvième.
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pas un imbécille , il répondra à tout, &ramènera le philosophe , malgré qu’il enait, à l’expe'rience.

Les Etrusques disoient, Jupiter a troisfoudres : un foudre qu’il lance an hasard ,& qui avertit les hommes qu’il est ; unfoudre qu’il n’envoye qu’après en avoirdélibéré avec quelques dieux & qui inti-mide les médians ; un foudre qu’il ne prendque dans le conseil général des immortels,& qui écrase & qui perd.

Ils pensaient que Dieu avoit employédouze mille ans à créer le monde , &partagé fa durée en douze périodes demille ans chacune. II créa dans les pre-miers mille ans, le ciel & la terre ; dansles seconds mille ans , le firmament ; dansles troisièmes , la mer & toutes les eaux;dans les quatrièmes , le soleil, la lune &les autres astres qui éclairent le ciel ; dansles cinquièmes, les oiseaux , les insectes ,les reptiles, les quadrupèdes, & tout cequi vit dans l’air , dans les eaux & fur laterre. Le monde avoit six mille ans, quei’homme n’étoit pas encore. L’efpece hu-maine subsistera jusqu’à la fin de la der-niere période ; c’est alors que les temsseront consommés. , ,

Les périodes de la création des Etrus-ques correspondent exactement aux joursde la création de Moïse.

II arriva fous Marins un phénomèneétonnant. On entendit dans le ciel le sond’une trompette aiguë & lugubre ; &les augures Etrusques consultés en inférè-rent le passage d’une période du mondeà une autre, & quelque changement mar-qué dans la race des hommes

Les divinités d’Iris & d’Osiris ont-ellesété ignorées ou connues des Etrusques ìc’est une question que nous laissons à dis-cuter aux érudits.

Les premiers Romains ont empruntéfans doute > des Sabins, des Etrusques,& des peuples circonvoisins , le peu d’idéesraisonnables qu’ils ont eues ; mais qu’étoit-ce que la philosophie d’une poignée debrigands. réfugiés entre des collines, d’oùils ne s’échappoient par intervalles, quepour po; ter le fer, le feu , la terreur &le ravage chez les peuples malheureux quiles entouroient ì Romulus les renferma

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dans des murs qui furent arrosés du sangde son frere ; Numa tourna leurs regardsvers Je ciel , & il en fit descendre lesloix. II éleva des autels ; il institua desdanses, des jours de solemnité & des sa-crifices. II connut l’esse t des prodiges sucl’esprit des peuples , & il en opéra ; ilse retira dans les lieux écartés & déserts ;conféra avec les nymphes ; il eut des ré-vélations ; il alluma le feu sacré ; il enconfia le foin à des vestales ; il étudiale cours des astres, & il en tira la me-sure des tems. II tempéra les âmes fé-roces de ses lujets par des exhortations,des institutions politiques & des cérémo-nies religieuses. II éleva fa tête entre lesdieux pour tenir les hommes prosternésà ses pies ; il fe donna un caractère au-guste , en alliant le rôle de pontife àcelui de roi. II immola les coupables avecle fer sacré dont il égorgeoit les victimes.II écrivit , mais il voulut que ses. livresfussent déposés avec son corps dans letombeau , ee qui fut exécuté. Il y avoitcinq cens ans qu’ils y étoient, lorsque dansune longue inondation, la violence deseaux sépara 1,5 pierres du tombeau deNuma , & ossrit au prêteur Petilius lesvolumes de ee législateur. On les lut; onne crut pas devoir en permettre la con-noissance à la multitude, & on les brûla.

Numa difparoît d’entre les Romains jTullus Hostilius lui succédé. Les brigan-dages recommencent. Toute idée de po-lice & de religion s’éteint au milieu desarmes , & la barbarie renaît. Ceux quicommandent n’échappent à l’indocile fé-rocité des peuples, qu’en la tournant con-tre les nations voisines ; & les premiersrois cherchent leur sécurité dans la mêmepolitique que les derniers consuls. Quelledifférence d’une contrée à une autre con-trée ! A peine les Athéniens & les Grecsen général ont-ils été arrachés des caver-nes & rassemblés en société, qu’on voitfleurir au milieu d’eux les Sciences & lesArts, & les progrès de l’efprit humains’étendre de tous côtés , comme un grandiincendie pendant la nuit, qui embrase &éclaire la nation , & qui attire l'attentioodes peuples circonvoisins. Les Romainsau contraire restent abrutis jusqu’au tems