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Tome vingt-neuvième.
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a seulement voulu parier la langue de sonterris.

Il paraît par la lecture de Turpin , queles chevaliers n’étoient connus ní de nomni d’efset, avant le régné de Charlema-gne , ni même durant son régné : ce queprouve encore le silence des historienscontemporains de ce prince , ou qui ontécrit peu après fa mort. Ainfi, c’est dansl’intervalle de la vie de ce grand roi &de celle du prétendu Turpin , qu’il fautplacer les premieres idées de la chevale-rie , & de tous les romans qu’elle a faitcomposer.

La chevalerie paroît encore avoir tiréson lustre.de l’abus des légendes; le ca-ractère de l’esprit humain avide du mer-veilleux , en a augmenté la considéra-tion ; & les rois l'ont autorisée , en sou-mettant à quelques especes de formes ,d’ufages & de loix , des nobles qui eni-vrés de leur propre valeur , étoient por-tés à s’ériger en tyrans de leurs propresvassaux.

On ne négligea rien dans ces premierstems , de ce qui pouvoit inspirer à ceshommes íéroces, l'honneur, la justice, ladéfense de la veuve & de I’orphelin,enfin l’amour des dames. La réunion detous ces points a produit succestìvementdes usages & des loix qui servirent defrein à ces hommes qui n’en avoient au-cun ,. & que leur indépendance, jointe àfa plus grande ignorance, rendoit fort àcraindre.

Les idées & les ouvrages romanesquespasserent de Fiance en Angleterre. Geof-froi de Monmouth paroît être Poriginaldu Brut.

Le roman de Sanzreal composé parRobert de Broon est puis chargé d’amour& de galanterie que les précédens ; lesidées romanesques gagnèrent de plus enplus. C’est ce roman qui donna lieu auxprincipales aventures de la cour du roiArtus. Ces mêmes ouvrages se multipliè-rent , & devinrent en grande vogue- sousle régné de Philippe le bel , né en 12.68 ,& mort en 1314. Depuis ce tems-là ontparu tous nos autres romans de chevale-rie , comme Amadis de Gaule, Palme-rin d’Olive , Palmerin d’Angleterre , &

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tant d’autres , jusqu’au tems de MiguelCervantes Sauvedra , espagnol.

II avoir été secrétaire du duc d’Albe,

& s’étant retiré à Madrid , il y fut traitefans considération par le duc de Lerme ,premier ministre de Philippe III. roi d’Ef-pagne. Alors Cervantes, pour fe vengerde ce ministre qui méprifoir les gens delettres, & qui tranchoir du héros che-valier , composa le roman de dom Qui-chotte , ouvrage admirable, & satyre très-fine de toute la noblesse espagnole quiétoit alors entêtée de chevalerie. II publiala premiere partie de ce roman ingénieuxen 1605 , lâ seconde en 1615 , & mourutsort pauvre vers l’an 1620 ; mais fa répu-tation ne mourra jamais. .

L’abolissement des tournois , les guer-res civiles & étrangères, la défense descombats singuliers , l’extinction de la ma-gie, du fort & des enchantemens, le justemépris des légendes , en un mot , unenouvelle face que prit la France & l’Eu-rope sous le règne de Louis XIV. chan-gea la bravoure & la galanterie romanes-que dans une galanterie plus spirituelle& plus tranquille. Oti vint à ne plus goû-ter les faits inimitables d’Amadis.

Tant de châteaux forcés , de geans pourfendus ,

De chevaliers occis , d.’enchanteurs confondus ...

On fe livra aux charmes des descrip-tions propres à inspirer la volupté de l’a-mour , à ces mouvemens heureux & pai-sibles , autrefois dépeints dans les romansgrecs du moyen âge ; aux douceurs d’ai-mer ou d’étre aimé, en un mot, à tousces tendres fentimens qui font décrits dansl’astrée de M. d’Urfé.

où dans un doux repos

L'amour occupe seul de plus charmant héros.. .,

Enfin l’on a vu paroîrre dernièrementdans ce royaume un nouveau genre degalanterie hermaphrodite , qui n’est cer-tainement pas flatteuse , ou , pour mieuxdire , qui n’est qu’un mensonge peu déli-cat du plaisir des sens. ( l). J. )

ROMANCE , f. f. ( Littérat. ) vieillehistoriette écrite en vers simples, faciles& naturels. La naïveté est le caractèreprincipal de la rçmance. Ce poème se