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Tome vingt-neuvième.
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sixième cl/í'ipiade , & la sept cent cin-quante - troisième avant la naissance deJefus-Christ. II la consacra au dieu de la«uerre, dont il vouloir qu’on le crûtíorti ; il admit pour habitans des gens detoutes conditions & venus de dilíerensendroits , Grecs , Latins , Aibains &Toscans, la plupart pâtres & bandits ,mais tous d’une valeur déterminée. Unasyle qu’il ouvrit en faveur des esclaves& des fugitifs, y en attira un grand nom-bre, qu u augmenta depuis des prisonniersde guerre ; & il fut de les ennemis en faireses premiers citoyens.

Il choisit le mont Palatin- pour y placerfa ville , & il employa toutes les céré-monies superstitieuses que les Etrusquesa voient introduites pour de semblablesfondations ; il sit attacher à une charruedont le foc étoit d’airain , une vache &un taureau, & leur fit tracer l’enceintede Rome par un profond sillon. Ces deuxanimaux , symboles des mariages qui dé-voient peupler les villes , furent ensuiteégorgés fur les autels : tout le peuplesuivoit la charrue , & poussoir en dedansîes mottes de terre que le foc rejettoitquelquefois en dehors ; on soulevois cettecharrue , & on la portoit dans les endroitsoù l’on destinoit de faire des portes.

Comme le mont Palatin étoit isolé ,on l’enferma tout entier dans le circuitque l’on traça , & l’on forma une figureâ-peu-près quarrée au pié de la monta-gne ; là on creusa cn rond une sosie assezprofonde, où tous les nouveaux habitansjetteront un peu dp terre des différenspays où’ ils avoient pris naissance , & cetrou resta en forme d’une efpece de puitsdans la place publique , où se tinrent de-puis les comices. ,

Rome fut ainsi formée par des hommespauvres & grossiers ; on y comptoit en-viron mille chaumières ; c’étoit , à pro-prement parler, un village , dont lesprincipaux habitans labouroient la terreingrate d’un pays stérile qu’ils s’étoientpartagés ; le palais même de Romulus n’é-toit construit que de joncs & n’e'toit cou-vert que de chaume.

Chacun avoit choisi son terrein pourbâtir sa cabanefans égard à aucun ali-

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gnement ; c’étoit une efpece de camp deíoldats, qui fervoit d asyle à des avan-turiers , la plupart fans femmes & fansenfar.s , que le désir de faire du butinavoit réunis. Ce fut d’une retraite davoleurs que sortirent les conquérans del’univers , dit à ce sujet Pécrivaïn desrévolutions de la république romaine.

II nous faut prendre de ID ville deRome > dans ses commencemens , l’idéeque nous donnent les villes de la Crimée ,faites pour renfermer le butin , les bes-tiaux & les fruits de la campagne. Lesnoms anciens des principaux lieux deRome , ont tous du rapport à cet usage ;cette ville, n’avoit pas même de rues ysi l’on n’appeiîe Se ce nom la continuationdes chemins qui y aboutisioi nt. En un mot,jufqu’à la prise de Rome par les Gaulois,cette ville n’étoit en partie qu’un imasinforme de hutes séparées.

Telle est la peinture que nous font leshistoriens des commencemens de cettecapitale du mondé , qui ne fut jamaisplus digne de commander à l’univers, quequand la pauvreté y conserva l’amour desvertus civiles & militaires. Ce furent cesillustres laboureurs , qui en moins de cinqcens ans, assujettirent les peuples les plusbelliqueux de l’Itaîie , défirent des arméesprodigieuses de Gaulois, de Cimbres écde Teutons , & ruinèrent la puissanceformidable de Carthage.

A peine cette ville naissante fut-elíeélevée au-dessus de ses fondemens, quefes habitans fe presserent de donner quel-que forme au gouvernement ; leur prin-cipal objet fut de concilier la liberté avecl’empire , & pour y parvenir ils établi-rent une efpece de monarchie mixte , &partagèrent la souveraine puissance entrele chef ou le prince de la nation , m\sénat hui lui devoit servir de conseil, &l’assemblée du peuple ; Romulus le fon-dateur de Rome , en fut élu le premierroi; il fut reconnu en même-tems pourle chef de la religion , le souverain ma-gistrat de la ville, & le général né de Tétât.

Ses successeurs aggrandirent beaucoupla ville de Rome ; le mont-Celius y sucajouté parTullus; le Janicule &l’Aventin,par Ançus ; le Viminal, le Quin.nal, ôc