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retour d’Avignon qu’ils ont choisi leurdemeure au Vatican , & dans les chaleursde Tété, â Monte-Cavallo. Sixte V. aprèsavoir répare le palais de Latran , fit unebulle pour obliger ses successeurs à ydemeurer d’après son exemple , trois moisde Tannée ; mais ses fuccefleurs en ontappelle à eux-mêmes, & ont fixé leurdemeure au Vatican ou à Monte-Cavallo.. ITéglise de Latran est fous la protec-tion de Tempereur & du roi de France ,qui lui a donné Tabbaye de Clérac , dontelle jouit encore aujourd’hui. Cette égliseest vaste , & a des niches que Ton dit avoirété construites fur les destins de Michel-Ange ; ces niches renferment des statues,dont les quatre plus belles ont été faitespar des sculpteurs françois.
En paflànt le long de la muraille deTancien aqueduc de Clodius , on arriveà la villa du duc Mathéi, maison de plai-sance toute remplie d’antiquítés curieuses,parmi lesquelles on remarque les statuesde Brutus & de fa femme Porcia , d’unefeule p;ece ; celle de Cléopâtre , celled’Hercule, celle de trois petits garçonsqui s’embraflènt Tun Tautre en dormant ;& la tête de Cicéron. Dans un autrecorps de logis , font la belle statue d’An-dromède exposée aux monstres marins,une autre statue d’ApolIon fuyant Marsias,& la statue d’un satyre qui tire une épinede son pié.
De. ce lieu-là on descend vers Tancienamphithéâtre nommé Coiìfee , à cause d’uncolosse qui étoit auprès. C’est une desplus rares pieces de Tantiquité , mais dontil ne reste que des ruines ; Vespasien lecommença, & Domitien Tacheva. II estsurprenant que Ton ait pu élever despierres d’une aufli prodigieuse grosseur,que celles dont ce bâtiment étoit com-posé. Martial en parle en ces termes :
Hìcubì conspicui venerabìlìs amphìteatri
Engitur môles , stagna Neronis erant.
Ce prodigieux amphithéâtre étoit defigure ronde en dehors, quoique Tarenefut ovale. Il contenoit quatre-vingt-cinqmille spectateurs & étoit quatre fois plusgrand que Tamphithéâtre de Vérone lescolonnes du troisième ordre & les pilaf-
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tres du quatrième , avoient le chapiteadcorinthien.
On voit encore près de cet amphi-théâtre , les masures de briques qui com-posèrent autrefois la belle fontaine qu’onappelloit meta fudans ; elle fournifloit deTeau à ceux qui se trouvoient à ces spec-tacles. La façade étoit revêtue de mar-bre ; & fur le haut il y avoir une statuede cuivre qui représentait Jupiter. L’arctriomphal de Constantin est aux environsdu colisée. II est assez bien conservé ,mais il y a quelques statues dont on aenlevé les têtes ; & on en accuse Laurentde Médicis , qui à ce qu’on dit, les fieporter â Florence.. Les connoifleurs re-marquent que les bas-reliefs de ce mo-nument ne font pas d’égale beauté ; cequi fait soupçonner que les meilleursmorceaux furent empruntés quand onTérigea.
De-là on se rend aux thermes d'An-tonio , qui par leur magnificence , res-semblent plutôt à une ville qu’à desbains. Olympiodore dit qu’ils avoient seizecens sieges de marbre, pour avoir au-tant de personnes qui auroient voulu s’ybaigner. Dans quelques-uns de ces bains,les bancs étoient couverts de lames d’ar-gent, & d’autres avoient des canaux demême métal , par où Teau coulait. Usétoient d’ailleurs ornés de statues, de ta-bleaux & de pierres précieuses; aujour-d’hui ce n’est plus qu’un endroit de ré-création pour un triste séminaire.
Entre le mont Aventin & le montPalatin , on peut observer le lieu où étoitle grand cirque. Tarquinius Priscus lecommença , & Jules-César, aufli-bienqu’Auguste , Taugmenterent beaucoup. I]avoir trois stades de longueur , & quatrearpens de largeur. Trajan & HéliogabaleTembellirent de statues & de colonnes ;cent cinquante mille hommes pouvoienttenir aisément dans les trois galeries quiétoient couvertes ; Tune étoit pour lessénateurs , Tautre pour les chevaliers, &la troisième pour le peuple. Les obélis-ques qui font aujourd’hui à la porte delPopolo & à S. Jean de Latran , étoientdans le cirque. II y a plusieurs voûtesfous ce bâtiment ; c’étoit là que les cour-